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Pour suivre le déroulement chronologique des hostilités, tout en bas de cette page , les N° des différentes pages sont indiqués, chaque page contient 15 articles : BONNE LECTURE ! 

LE SYNDROME DE L'URTICAIRE

Blog qui se veut humoristique, il retrace  dans la première partie, le quotidien d'un employé de la BNPPARIBAS aujourd'hui retraité et s'attaque ensuite à tous les phénomènes de société, aux travers de  la politique et à tout ce qui pourrit la vie des citoyens lambda.

ALLEZ LES VERS 

Quelques poèmes sans prétention.

L'AVIS D'UN SPECIALISTE ! !

Des commentaires déjantés sur l'actualité en général.

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13/02/2010 17:10
FRENETIC SHOPPING - PART THREE  0 commentaire

 FRENETIC SHOPPING

 

Diaporama Muet

 Sur une musique virtuelle

de

Frédéric CHOPIN

 

Part THREE

 

L'ENNUI NAQUIT UN JOUR DE

 

L'UNIFORMITE

 


 AVERTISSEMENT 

Aujourd'hui c'est dimanche : Partant de ce constat somme toute évident, l'auteur de ce Blog a décidé en accord avec lui même de ne pas se casser la tête.

Vous avez donc droit à un p'tit interlude comme au temps de l'ORTF en attendant la reprise des hostilités et des choses sérieuses demain matin vers 7 heures 30.

- Pour tous ceux qui n'ont pas connu ces moments exaltants, une seule adresse :


http://les-bricoles-de-g.over-blog.com/article-le-petit-train-rebus-interlude--43929849.html

 

- N'oubliez pas de mettre le son

Merci de votre compréhension.

 

 

FRENETIC SHOPPING

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 (A SUIVRE)

 

 





12/01/2010 17:16
BREVES EN FOLIE 147  1 commentaire

 

 

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BREVES

EN

 

FOLIE 147

 


 

  

 

 

 

 


  

 GROS CONNARD

Cette photo évoque ce qui se passait régulièrement en Angleterre il y a quelques années puisqu'en 2005 la chasse à courre a été interdite au grand dam des adeptes de cette chasse cruelle et barbare qui sont entrés en rébellion depuis (voir  photo ci-dessous).

C'est vrai que ce genre de spectacle doit manquer à tous les péquenots du coin qui avaient l'habitude de se masser sur les trottoirs pour voir passer le duc ou l'archiduc en grand équipage précédé de sa meute de beagles.

 

 Rendez nous la chasse à courre !

 

 


 

PAROLE DE CERF 

Nous avons interrogé un vieux cerf de passage dans la région pour savoir ce qu'il pensait de la survivance en France de cette chasse barbare qu'est la chasse à courre.

Il a poussé un long brame et nous a déclaré tout de go : "Je m'en bats les couilles ! " Et il a joint le geste à la parole.

 


  

PETITS CONNARDS

(Suite)

 

 Dans la série GRAINE DE CONNARDS (vivier inépuisable), nous vous présentons le petit Joselito Castillo Di Aragon, c'est son nom d'artiste. Il est très content de lui le petit Joselito il vient de planter ses banderilles sur le dos de la pauvre bête.

Je n'ai qu'une envie, c'est de  botter le cul à ce petit con histoire de préparer sa couenne à recevoir la douzaine de banderilles acérées que je tiens à sa disposition.

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous donner un extrait du règlement de ces jeux barbares.

 

 LE DEUXIEME TERCIO

Le deuxième tercio consiste à poser les banderilles : bâtons d'environ 80 cm de long, terminés par un HARPON de 4 cm ( Ca doit être jouissif ! ) et qui sont recouverts de papier de couleur. 

Les banderilles sont généralement posées par les peones mais certains matadors les posent eux-mêmes.

En principe on pose (L'expression est délicate)  trois paires de banderilles, toutefois le président de la course (Dans un accès de mansuétude), peut décider d'en réduire le nombre, en revanche, le matador peut demander au président l'autorisation de poser une quatrième paire. (Tant qu'à faire !)

 

LE HARPON EN QUESTION  

 

 

Si on se trouve en présence d'un taureau qui est franchement "MANSO" ( un gros lâche ) sans bravoure, par exemple un taureau qui a refusé toutes les piques ( La chochotte ) et a fui les appels faits à la cape ( Hou le vilain ! ), le président peut décider de lui faire poser des banderilles noires dont le harpon est légèrement plus long ( Y a pas de raison ) et qui sont une marque d'infamie !

 Que c'est beau un taureau sanguinolent !

 

Pour mémoire la corrida n'est pas interdite en France, c'est que mon bon Monsieur, un afficionado c'est aussi un électeur et puis il paraît que notre bon président se délecte de ce spectacle quand il en a le loisir !

 


 PAUVRES PÊCHEURS

 

 

On peut-être fin pêcheur et bon musulman, il n'y a rien de contradictoire seulement quand c'est l'heure de la prière, que ça morde ou pas, on se tourne systématiquement vers la Mecque et on se prosterne, Il y en a toujours malheureusement à qui l'excès de foi fait perdre tout repère. 

 


  

PAROLE DE CANARD

Putain ! mais c'est que ça glisse !

 


PAROLE DE VARAN

 

 

Font chier . .  y regardent encore TF1 !

 


 

 

   

 PAINT BALL

Robert Connaly, citoyen Irlandais est un peintre très particulier dans la mesure où il se sert avec virtuosité de son sexe comme d'un pinceau ou d'une brosse pour réaliser des portraits très ressemblants.

 

A son actif, les portraits de Boris Eltsine, Georges Bush père, du pape Jean XXIII, De Nelson Mandela, Margaret Thatcher et Youri Gagarine.

 

Esquisse au Pénis 

Notre artiste en plein travail, vous remarquerez que le modèle baisse pudiquement les yeux, le tableau est toujours réalisé d'un seul jet. 

 

Il vient d'immortaliser sur la toile en quelques coups de pénis ces trois charmantes jeunes filles qui n'en reviennent toujours pas.

Alors que ses deux copines semblent fixer obstinément la ligne bleue des Vosges, la jeune fille du milieu a du mal à détacher son regard du pinceau de l'artiste que la pudeur et la déontologie nous interdisent de montrer.

A noter que le peintre est systématiquement filmé lors de ses prestations de manière à ce que les modèles puissent acheter et emporter une cassette vidéo souvenir.

Puisse cet article susciter des vocations parmi tous ceux qui fréquentent ce blog, si vous n'avez pas la fibre artistique et que vous ne vous sentez pas de taille à reproduire la tronche de votre épouse, vous pouvez toujours repeindre les murs des toilettes, le plafond du salon ou les radiateurs de la salle de séjour.

 


 

 L'IMAGE DU JOUR

Tel père tel fils


 

(A SUIVRE) 

 

 

 

 

 

 

 





18/11/2009 15:13
BREVES EN FOLIE 97  0 commentaire

 

[12/11/2009 16:07]
BREVES EN FOLIE 97

 

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BREVES

EN

 

FOLIE 97

 


    lllj


 FESSEE

 

La députée UMP Edwige Antier va déposer une proposition de loi visant à interdire les châtiments corporels, dont la célèbre fessée  !  !  !

Si on ne peut plus battre nos Meufs . . Qu'est-ce qu'on va devenir et qu'est-ce qu'on va faire de nos dix doigts !

 


  

MARIAGE

 

C'EST PLUS DU TOUT CE QUE C'ETAIT ! 

 

 

 

MARIAGE A LA FRANCAISE DES JEUX

Mes chers enfants, nous allons maintenant procéder au tirage au sort devant Dieu et devant  tous vos amis rassemblés en ce jour de fête pour savoir qui de Nadia, de Sonia ou de Valentina aura la chance de prendre pour époux Gaspard ici présent. 

 


 

 CULTURE

Le célèbre jeu d'Armand Jammot : des chiffres et des lettres fait actuellement un tabac dans les pays africains qui organisent régulièrement des compétitions InterTribus et InterNations, notre photographe a surpris les candidats du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Zimbabwe, du Burundi, de l'Ouganda, du Kenya qui s'affrontaient en 8ème de finale de la coupe d'Afrique.

  


LA PHOTO DU JOUR

  

(A SUIVRE) 





17/11/2009 16:54
BREVES EN FOLIE 96  0 commentaire

 

 

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BREVES

EN

 

FOLIE 96

 


    

 


 

CRAZY HORSE

On n'en était pas tout à fait sûr mais désormais, on peut l'affirmer avec certitude : le cheval est bel et bien la plus belle conquête de l'homme surtout quand il s'agit de la jument, rassurez vous Mesdames vous arrivez juste après dans le coeur de l'homme et dans son lit ! 

 


 

SODOMITES

 

Dans le cadre d'une grande journée de promotion essentiellement destinée à recruter des adeptes, les sodomites du Loir et Cher ont organisé  une grande opération "Portes Ouvertes" à Savigny Sur Braye, elle a rencontré un énorme succès, sur notre photo l'un des multiples stands mis à la disposition des amateurs de sensations fortes par les organisateurs.

  


CADAVRES EXQUIS  

En quête d'un sujet de reportage, notre correspondant en Chine Julien Libidineux  se promenait sur les berges du Yang Tsé  à Wuhang quand son attention fut attirée par un attroupement d'une vingtaine de chats sur les berges du fleuve, auprès de ce qui semblait être un sauveteur  penché sur le corps d'un homme victime de noyade.

Renseignements pris auprès de cette personne qui était en fait le médecin légiste, il s'avère que tous les chats chinois n'ont pas la chance comme les matous européens d'être nourris au Ron Ron ou au KitEKat.

C'est ce qui explique qu'ayant pris l'habitude d'autopsier les cadavres sur place, les noyades sont nombreuses dans ce secteur, il réserve à ses amis greffiers attirés par les effluves nauséabonds quelques morceaux de choix.

Une belle leçon d'amour des animaux à méditer.

 


 

TELEVISION NUMERIQUE

 

Bientôt il ne sera plus nécessaire de recourir à ce genre de bricolage ingénieux pour être complètement immergé dans les programmes que diffuse canal + très très tard le soir

L'image, le son et l'odeur seront intimement mêlés comme les trois sens que sont la vue, l'ouïe, l'odorat dans la vraie vie :

 

QUE D'EMOTIONS GUSTATIVES

EN

PERSPECTIVE


 

 LA PHOTO DU JOUR 

 

UN CONSEIL D'AMIS : NE VENEZ PAS NOUS EMMERDER ! 


 (A SUIVRE)

 

 

 

 

 

 

 


04/09/2009 6:20
N'IMPORTE QUOI !  0 commentaire

 

 

BREVES

EN

FOLIE 23



 

COINCER LE BULBE

 

 

Potou petit village côtier du Sénégal mais grand centre maraîcher de la région de Louga est en passe de devenir la capitale mondiale de l’oignon avec une production record de 3.500.000 tonnes.

Il organisait ce week-end en présence d'une foule énorme et enthousiaste,  le 5ème marathon des bouffeurs d'oignons. 

C'est au prix d'une lutte acharnée qui a duré près de 12 heures que Mamadou Dukuré, ancien acteur de films X et fin connaisseur en oignons a remporté une compétition indécise de bout en bout. Sur notre photo : le sprint final de Mamadou Dukuré qui s'est effondré en larmes après sa victoire à l'arraché ! !

 


  INTELLIGENTSIA

BREVES EN FOLIE est en mesure de vous  révéler en exclusivité, les résultats d'un test inopiné de QI réalisé sur Benjamin Castaldi pendant la diffusion de Secret Story sur TF1, les chiffres qui devaient rester secrets comme la Story . . . sont très très largement inférieurs à ce qu'il est convenu d'appeler le QI moyen du Français moyen, ceci explique celà, inutile de faire un dessin.

D'autre part des analyses de selle réalisées à son insu ont révélé que Benjamin Castaldi avait recours quotidiennement sans succès d'ailleurs à des anabolisants (notre photo) destinés à stimuler son intellect et à le faire paraître plus intelligent et fûté (mission impossible !). 



IL Y EN AURA POUR TOUT LE MONDE !


SERVEZ VOUS LARGEMENT !




MALBOUFFE !

 

Le pape Benoit 16, plus connu sous le sobriquet de "Sa très Sainteté Ainsi Font Font Font"  a effectué en Mars une première visite oecuménique en terre Africaine, au Cameroun et en Angola.

A son arrivée à Yaoundé, il avait été chaleureusement accueilli par le président de la République Camerounaise Paul Biya et par son épouse.

Rétrospectivement, il ne semble pas que cette visite ait soulevé l'enthousiasme de la population locale invitée à communier sur la place Oungoulou Oukoulélé si l'on en croit cette photo exclusive où l'on ne se bouscule apparemment pas pour recevoir la Sainte hostie.

On a appris de source sûre suite à ce fiasco papal que toutes les hosties qui n'avaient pas trouvé preneurs avaient  été distribuées aux poules de Yaoundé en toute discrétion . . . of course.

 


UNE PREMIERE

DOCUMENT EXCLUSIF

DE BREVES EN FOLIE

Grâce aux progrès réalisés en matière d'optique et de miniaturisation des objectifs, on a pu photographier pour la première fois une colonie de spermatozoïdes d'eunuque.

Ce cliché exceptionnel a été pris grâce à la complicité bienveillante du dernier eunuque encore en vie.

Il s'agit d'un Chinois originaire de Beijing : Li Pin Swang le bien nommé, âgé de 94 ans.

On notera que ces spermatozoïdes qui furent en quelque sorte victimes d'un enfermement arbitraire en QHS, ont fini au fil du temps par perdre tous leurs repères et à sombrer dans la folie.

Ils ont subi de mutation génétique en mutation génétique d'étranges déformations de la tête qui les font ressembler à de petits requins marteaux ! ! !



 Q.H.S

 

 

 

 

  

 CA FAIT FROID DANS LE . . . DOS !

  


 CE QU'EN PENSE

 PIERRE DAC

 

 

 - Le commerce va très mal : même les gens qui ne payaient jamais n'achètent plus !

  

- La seule véritable bête de somme, c'est la mouche tsé-tsé.

 

- La marche du temps donne le sens de la discipline,  jamais un seul jour n'a essayé d'en dépasser un autre avant son tour.

  

- L'infini ne peut guère conduire qu'à zéro et réciproquement.

  

- L'amour platonique est à l'amour charnel ce que l'armée de réserve est à l'armée d'active.

  

- Je suis pour la peine de mort avec sursis.

 

 

- Je me suis souvent demandé et me je  demande souvent encore ce qui peut bien différencier une mauvaise bronchite d'une bonne.

  

- Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses !

  

- J'ai lu l'Odyssée. - Vous l'avez lue dans le texte ? - Non, dans le train ! - Ça va plus vite. - Oh oui, d'autant que c'était un rapide. Evidemment quelques passages m'ont échappé : Les passages à niveau, naturellement.

 

- Si par erreur, omission ou distraction, une cirrhose du foie est traitée par un spécialiste des voies rectales, elle risque fort de tourner à la cirrhose des vents.

(A SUIVRE) 

 

 

 


18/05/2009 9:42
COMPUTER ANATOMY  0 commentaire

 COMPUTER ANATOMY

 

 

 

Ceux qui me connaissent savent combien je suis passionné par 

l'informatique,  j'en avais marre (provisoirement) de parler de la 

Banque et de la Finance,  j'ai donc sorti ma boite à vers et voilà ce

que ça a donné.

 

 

 

 

 

Le Microprocesseur : Mille Pattes immobile,

Scolopendre synthétique fécondé dans l’argile

Et les riches silices de strates nourriciers :

Scarabée fossilisé à Silicon Valley.

 

Habillé par Zilog ou par Motorola,

Il arbore livrée noire, Matricule de forçat

Tatoué sur le dos, toutes griffes dehors,

Il est tapi dans l’ombre, comme un fauve retors.

 

Comme un coeur voltaïque, le quartz bat la chamade :

Horloge schyzophrène aux rouages malades

Qui cadence la danse tribale des électrons :

Feux-Follets affolés aux rives des néons.

 

Et les hordes d’octets déferlent en phalanges

Sur des pistes ténues comme des cheveux d’ange,

Jusqu’aux portes logiques. Névrosés et balourds,

Ils pèsent de tout leur poids sur leurs gonds de velours.

 

Et le transformateur  obèse, monolithique,

Mausolée de ferraille, parthénon diélectrique,

Diogène de cuivre, dans son tonneau d’acier,

Irrigue l’écheveau des highways étamées.

 

Cimetière fantastique peuplé de noirs tombeaux.

Disposées en quinconce, alignées au cordeau,

Mémoires vives ou mortes, reposent enchassées :

Stèles sans épitaphes, ni couronnes, ni trépassés.

 

Transistors en armure de chevaliers teutons,

Régulateurs fiévreux, narcosés au krypton,

Zombies de Silicium en coiffe de bigouden,

Clones de germanium maquillés au tungstene,

 

Pixels désemparés par trop d’acrobaties,

Octets en goguette aux ports d’Entrée-Sortie,

Où les bits en transit, ne sont pas d’amarrage,

Où les quais de mica sont chemins de halage.

 

Que sillonnent des digits en rupture de mémoire

Recherchant la quiétude d’un registre reposoir.

Electrons funambules sur des rais de lumière.

Diodes filiformes comme des roses trémières.

 

En galaxies fugaces d’étoiles hétéroclites,

Elles clignotent et scintillent au ciel de bakélite.

Des bus intemporels canalisent l’exode

De données interlopes rassemblées en synode.

 

Carnaval magnétique sur des rythmes binaires :

Favellas bouillonnantes comme des coronaires

Que balaient des courants légers et dérisoires

Qui meurent incognito, aux rives des mémoires.

 


20/04/2009 7:30
BLACK FOOD  1 commentaire

 

                                                                             

            BLACK FOOD

 

                     

Pour la tête persillée du veau hydrocéphale

Que la cocotte materne en ses flancs de cristal,

Pour le chinois filtrant le délicat coulis

Qui ravine les pores de son profond tamis.

 

Et se répand en ruts liquoreux et glacés

Sur la crête moussue d’un gros Saint Honoré.

Pour ces profiteroles nappées de crème anglaise,

Pour ces têtes d’asperge coiffées de mayonnaise.

 

Pour ces morues dorées mariées aux morilles,

Ces volailles avachies sur un lit de lentilles

Ces fayots qui clapotent dans des faitouts de grès

Aux rives de bouillons où mouillent des magrets.

 

Pour tous ces blancs changés en tendre mousseline

De chantilly crémeuse : fragile capeline

Pour quelques religieuses ventrues et croustillantes

Alignées au cordeau dans la chapelle ardente

 

D’un fourneau rougeoyant bardé de casseroles.

Pour ces cèpes, ces pleurotes, ces bolets, ces girolles,

Ces huîtres, ces pets-de-nonne, ces cornes de gazelle,

Cette potée de bar et ce thon en rouelle.

 

Pour ce Grave servi en calice d'arcopal

Qui câline les papilles de la gent provinciale.

Pour ces crus sirupeux, ces blancs aligotés,

Ce champagne jeunot qui racle nos gosiers.

 

Pour ce cent d'œufs cocotte à la crème de marron,

Ces poires en chemise, ce Saint-Jacques en chausson,

Cette sauce poutargue, ce soufflé aux courgettes

Ce filet de barbue médaillé d'amourettes.

 

Pour ces lottes braisées en civet de patelles,

Cette soupe de congre, ce flan de tagliatelles,

Cette selle d'agneau aux artichauts poivrade

Et cette queue de bœuf piquetée de muscade

 

Pour cette pauvre écuelle remplie chaque midi

De bisque, de gras-double, de moules, de salsifis,

Pour ce pain quotidien gainé de cellophane

Qui lève chaque jour : substantifique manne

 

Pour éponger ces sauces ourlées de basilic

Qui baignent les reliefs de purées synthétiques

Dont se délecteront le lévrier afghan,

Le teckel à poil dur ou bien le chat persan.

 

Pour ce presque foetus aux yeux exorbités

Dévoré par les mouches, qui essaie de téter

La baudruche fripée qui pendouille du boubou

Loqueteux, miséreux de sa mère à genoux.

  

Pour cette piéta noire taillée à coup de hache

Qui n’imagine pas les rondeurs de nos vaches,

La forme de nos brebis qui regorgent de lait

Et l’étal  pléthorique de nos frères : les bouchers.

 

Pour tous les phacochères, les zébus et les gnous

Qui broutent en beuglant du sable et des cailloux.

Pour tous ces petits blacks chétifs et souffreteux

Dont le ventre affamé est plus gros que les yeux.

 

 Merci Seigneur !

  

                      

 

 

 

 

 

 


 

 

 


03/04/2009 17:19
Wargame on the Mekong.  0 commentaire

 

 

WARGAME

 ON

THE

MEKONG

 

 

JOYSTICK OR KEYBOARD ?

 

Feulement de cymbales, vibrations de gongs,

Van Song Phat le coolie, caline Swang Sue Li.

Swang Sue Li, alanguie, épanouie, sourit.

Que la guerre est jolie aux tables de majong.

Et les cadavres exquis, aux rives du Mékong.

 

LEVEL ONE OR TWO ?

 

Matins d'Extreme Orient parfumés à l'encens,

La guerre fête le Têt aux lampions des consoles.

Je redeviens primate, j'ote ma camisole,

Je martèle les touches, je violente l'écran,

Les Yankees au pinacle et les Viets à l'encan.

 

ENTER YOUR PASSWORD

 

Bourdonnement d'essaim, staccato des rotors,

Les pales giflent l'air, effilochent la brume.

Soleil incandescent, martèlements d'enclume.

La forêt s'abandonne aux pilotes retors

Qui pilonnent encore, les murailles d'Angkor.

 

PRESS SPACE FOR SHOOTING..

 

La roquette a jailli, elle s'éloigne en chuintant,

Pulvérise les feuilles oblongues des manguiers,

Traverse, nonchalante une bambouseraie,

Poursuit sa folle errance, zigzague mollement,

Décrit comme une ellipse puis explose en sifflant.

 

EXPLOSION

 

Les Centurions du Bronx, les Snipers de Broadway

Agonisent dans l'eau des marigots putrides

Et les crabes tambour camés aux pesticides,

Se délectent goulûment de leurs corps suppliciés.

Qu'ils iront digérer à l'ombre des palmiers.

 

 

INSERT DISK II

 

Le défoliant tueur s'insinue dans les veines

Des fillettes graciles de Da Nang et d'Anh Loc :

Gamines frêles, fragiles revêtues de défroques

Qui troquent des orgasmes contre quelques craven

Sans larmes, sans angoisse, sans dégoût et sans haine.

 

 

 

EXTRA BONUS

 

Van Song Phat le coolie est devenu coulis

De chair déchiquetée, bouillie de sang, de boue.

Fouillis éparpillé sur un lit de bambous

Brisés, enchevêtrés, mikado dérisoire

Misérables débris, écoeurante infusoire.

 

 

LAST SCENE

 

Swang Sue Li hébétée, virevolte et s'affaisse,

Le sang suit les méandres des plis de son sarrong.

Que feulent les cymbales, que résonnent les gongs..

Le napalm la consume, les shrapnells la dépècent.    

Massacres en vidéo, morts à l'emporte-pièces.  

 

 

GAME OVER

 

La bataille s'achève sur un score très quelconque.

Les victimes alignées sur les berges du fleuve,

Ont subi du joystick, la redoutable épreuve.

Que la guerre est jolie aux consoles de Hong Kong

Et les cadavres exquis . . . aux rives du Mékong.

 

 


29/03/2009 10:04
OMAHA BEACH  0 commentaire

 

 

OMAHA BEACH

 

 

 Comme un gisant de chair émergant de la dune,

Pantelant, frémissant, frêle statue de brume,

Ton corps abandonné vacille, virevolte, s'écroule

Et s’enchasse lentement au rythme de la houle.

 

Une douce lumière diaphane dégouline

Et se perd en méandre dans le lit des ravines

que creusent dans le sable, tes membres écartelés.

Dans son sang violine, le soleil s’est figé.

 

Un phasme tourbillonne dans un bruissement d’ailes

Et zèbre le ciel rose de touches d’aquarelle.

Les mouettes se rassemblent en plaintives cohortes

Pour sillonner la mer étale comme une eau forte.

 

Tes doigts tentaculaires sont autant de lichens

Qui lacèrent mes reins, me violentent et m’enchaînent.

Mon corps tétanisé, dans un spasme dérive,

De tes bras cellulaires vers une mort fictive.

 

 


27/03/2009 14:34
Souvenirs d'Arcachon  0 commentaire

 

SOUVENIRS D'ARCACHON

 

 

 

 

Le chenal balisé d’étranges et longues perches

S’éloigne en serpentant et part à la recherche

D’Arcachon qui se vautre dans un zeste de brume :

Métropole de béton au royaume des lagunes.

 

La viande de l’homme blanc décongèle à feu doux

Et trône en ventres flasques congestionnés et mous.

La faune des banlieues brunit dans la pagaille,

Sans se préoccuper des tendres épousailles

 

De deux mouettes qui s’ébattent sur un lit de varech

Sous les yeux d’un teuton débarqué d’Anderlecht.

La lolita berbère vêtue de peaux de jean.

Te sourit provocante en sirotant son gin.

 

Les boutres de pacotille, toutes voiles affalées,

Reposent sur le flanc, à demi ensablés.

Au bar de la marine, des skippers de fortune,

S’inventent des tempêtes à décrocher la hune.

 

Les sampans de plastique posent la quille en l’air,

Pour les polaroïds de pseudo reporters

Qui serviront les vues au cercle de famille,

En fondus enchaînés les soirs de nostalgie.

 

Comme des sédiments les touristes se déposent

En couches stratifiées, brunes blanches ou roses

La vague vient mourir aux rives de la baïne

Pour renaître aussitôt en friselis de bruine.

 

Tu marches dans le sable brûlant des mirages,

Ta vie n’a qu’une issue, ton livre n’a qu’une page,

Ton bourbon est amer au soleil qui ruisselle

Et zébre le ciel gris  de rais intemporels.

 

 


25/03/2009 21:44
Princesse B  0 commentaire

PRINCESSE B

 

 

Princesse pour un instant sur un lit de tendresse,

Princesse insaisissable de mes nuits de détresse,


Dans mes châteaux de sable tu deviens châtelaine,

Tu es belle et fragile, Princesse de porcelaine.


Dans mes châteaux d'Espagne, chaque nuit je t'épouse,

Et je t'aime en secret, ma Princesse andalouse.


Je voudrais aborder aux rives de tes yeux,

Me perdre dans ton regard, Princesse de Talencieux.




25/03/2009 8:56
SANTA BARBARA  0 commentaire

 SANTA - BARBARA

 

  

Les soirs de lassitude, tu rejoignais prostrée,

A Santa Barbara, le cercle des névrosés    

Et des pandores falots de la boite à images.

Tu paraissais absente, prisonnière d'un mirage.

 

Madone de sleepings en partance pour nulle part,

Sans ticket, sans viatique, en rade dans une gare.

En panne de souvenirs, en rupture de tendresse,

Je devinais parfois dans tes mains les caresses.

 

Pour l'enfant de ta chair que tu n'aurais jamais.

Tu traversais des rêves fragiles à bon marché,

Solitaire, pathétique irréelle et soumise,

Te raccrochant à eux comme à quelque balise.

 

Tu as franchi la porte avec pour tout bagage,

Un walkman, Télé-Poche et un livre d'images

d'Epinal ou d'ailleurs, un livre de ton enfance.

Et puis tu es partie pour une folle errance.                 

 

Je suis resté des heures face au piano à queue,

Pour jouer des cantates, des adagios douteux,

Projetant ma douleur dans des oeuvres baroques: 

Cris de haine et d'amour d'un soliste ventriloque.

 

Dialoguant sans relâche avec ton souvenir,

Mendiant ta tendresse et tes éclats de rire.

Puis mes fugues dissonantes, mortes sous la sourdine,

Sur le toit des immeubles, j'ai joué au muezzin

 

Soprano de banlieue, j'ai psalmodié ton nom,

Imploré tous les dieux, bramé sur tous les tons,

Soliloque pitoyable, brisé par mille échos

Qui me cassaient la voix et étouffaient les mots.

 

De Rio à Rangoon, de Dallas à Cahors,

de l'île d'Yeu à Ceylan, du Zambèze à Louqsor,

Des claques de Bangkok aux  bouges de Manille,

De Zuydcoote à Menton, de Dunkerque à Séville,

 

Des rives du Danube aux berges du Mékong,

J'ai sondé des eaux glauques, frappé à tous les gongs.

De traboules humides en cloaques visqueux,

Des faubourgs de Namur aux portes de Périgueux,

 

De repas pléthoriques en pique-niques aqueux,

J'ai couru affamé,squelettique maître-queux

En queue de pie froissée, souffreteux, famélique,

Brandissant ta photo comme une sainte relique.

 

De voeux pieux en prières, d'ex-voto en offrandes,

Des temples de Vientiane à l'église de Marmande,

Des salins de Giraud au bassin d'Arcachon,

J'ai couru comme un fou tout en hurlant ton nom..

 

J'ai écrit cent suppliques sur des papiers fragiles,

Avec des mots d'amour forts et indélébiles,

Des pleins, des déliés, de belles métaphores,

balancées à la mer: dérisoires amphores

 

Qui dérivent encore au gré des alizés

Du Golfe du Bengale jusqu'à la mer Egée

Des égouts de Sarcelles jusqu'à des déversoirs

où elles s'engloutissent: ultime reposoir.

 

Je sais que tu t'ennuies, peut-être que je te manque

Tu n'es pas à ta place auprès des saltimbanques

qui font leur numéro dans un bac de sciure

et repartent satisfaits vers d'autres aventures.

 

Ils marchent dans ta tête, ils cognent à tes tempes,

Tu les hais, tu les aimes, tu les snobes, tu les vampes,

Ces bouffons insensibles qui monnayent des orgasmes

Et te quittent au matin après un dernier spasme.

 

J'ai parcouru la jungle, arpenté les déserts

Je porte les stigmates de ces raids solitaires:

Tatouages de la chair et blessures de l'âme

Qui se rouvrent parfois quand je rejoins la dame 

 

de Santa Barbara, au cercle des névrosés

Et des pandores falots au visage délavé

Qui s'agitent en tous sens dans la boite à images.

Je te retrouve alors, pour le temps d'un mirage....

 

 


22/03/2009 13:16
SCHIZOPHRENIA  0 commentaire

SCHIZOPHRENIA

 

 La chatte SCHIZOPHRENIA qui ronronnait sur mes genoux,

Est morte, écrabouillée par un camionneur fou

Et Je bats la campagne, son cadavre sur les bras,

Au rythme des Tams-Tams, des bongos et des congas.

 

Je me shoote à l’Eros, je fume de mauvais joints,

Je suis l’éléphant rose à la trompe d’airain.

Je barris dans la cour des asiles d’aliénés,

J’ameute à perdre haleine, les mutants hallucinés.

 

Je redeviens foetus à l’article de la mort,

Embryon de primate, vague forme d’amphore,

Enfoui dans le ventre d’une fille pubère,

J’abandonne les hommes et je rentre au bestiaire.

 

Je suis le fou de Bassan, mes ailes sont de cristal,

Je traque les oies blanches aux croupions d’arcopal,

Je les bourre de tendresse, je les gave d’amour,

Jusqu’à ce que repues, elles regagnent leur basse-cour.

 

Je suis le cheval de bois au sexe de carton pâte,

Rossinante de manège, Pégase psychopate.

Des gamines nymphomanes me chevauchent et mes reins

Frémissent sous la caresse experte de leurs mains.

 

Je suis le chantre fou des poulaillers de banlieue,

Le paon vaniteux au plumage brodé d’yeux,

Le hochequeue lubrique, la diva des passereaux,

Le chien qu’on assassine sur une table de labo.


18/03/2009 9:28
WATTMAN BLUES  0 commentaire

 

PETITE PAUSE POETIQUE AVANT DE REVENIR AUX AFFAIRES !

  

 

WATTMAN BLUES

  IN

SAINT - ETIENNE

 

 

 

Un fleuve impétueux de têtes qui dodelinent

Remonte la GRAND RUE et les rails se déclinent

de SOLAURE à CARNOT, rectilignes, luisants.

Le WATTMAN fait ses courses sur un circuit d’argent.

 

La ville s’abandonne en images fugaces

Au Prince des boggies, superman du ballast.

Il dévale en chantant au rythme des BOOGIES

Que distille la radio, calée sur NOSTALGIE,

 

Les HIGHWAYS de ferraille. Son tramway déambule

De station en station, la cloche tintinnabule

Boutant hors des traverses, le chaland égaré

Qui lève les bras au ciel d’un air désespéré.

 

Il emmène en croisière les abonnés du stress,

Ils embarquent à BELLEVUE, descendent à JAURES,

Se pressent à DORIAN, l’interpellent à CARNOT,

Font escale à BERGSON, débarquent à MARENGO.

 

Le BUZZER nasillard qui condamne les portes,

Libère la cohorte des LOLITAS accortes

Qui s’égayent en riant et présentent leur PASS

Au contrôleur qui joue au limier perspicace.

 

Le WATTMAN a le blues, le soir dans son cockpit,

Le ciel qui vire au pourpre déjà le précipite

Un peu plus vers la nuit et ses ombres furtives.

C’est le temps de l’angoisse, de toutes les dérives.

 

La caténaire accroche des étincelles bleutées

Aux câbles qui innervent le ciel de son RAILWAY.

Ces étoiles fugitives balisent sa voie lactée

Le Wattman est  en cage au nom de FARADAY.

 

 


13/03/2009 10:30
Petite CHANSON de MARIN  2 commentaires

Une petite pause poétique s'impose, avant de retrouver la BNPPARIBAS et le monde impitoyable de la finance, un p'tit commentaire même désagréable sur mon "oeuvre" serait le BIENVENU.

Merci d'avance.

 

 

PETITE CHANSON DE MARIN

 

 

C'est une chanson à boire écrite en quelques verres,

Sur le zinc délavé d'un bar du Finistère.

Ses héros sont fictifs et toute ressemblance,

Avec des autochtones serait coïncidence.


Quand Maurin le marin rencontra Maria,

Elle était dame-pipi dans un bouge d'Etretat.

Il avait la prostate, elle avait de gros seins 

Et un arrière grand-père, recteur à l'île de Sein.


Touché par la détresse qu'il lisait dans ses yeux,

Il l'envoya en cure quinze jours sur l'île d'Yeu

Puis il se retira du côté de Bréhat

Pour régulariser le cours de son méat.


Quand ils furent guéris de leurs maux respectifs,

Ils embarquèrent tous deux sur un rafiot poussif.

Pour traquer sans relâche les limandes et les soles,

Vendues à la criée au marché de Paimpol.


Ils se marièrent en Août en l'église d'Etretat.

Elle avait revêtu sa robe de taffetas.

Il lui glissa au doigt la bague de l'île de Ré

Gagnée par souscription à un hebdo télé.


Les jours et les semaines s'écoulèrent ainsi :

Le merlan au chalut, la Maria au châlit,

Mitonnant sans relâche pour son beau capitaine,

Des plats à dessaler la plus niaise des muraines.


Elle mariait consciencieuse, la morue aux morilles,

Le mérou au mouron,la crevette aux lentilles,

La sardine au pistou, le pinot au merlu,

Le maquereau au vin blanc et la bière au hotu.


Un jour qu'elle se tenait radieuse à la poupe,

Elle tomba à la mer, fut happée par un poulpe,

Disparut dans l'eau glauque, au tréfonds des abysses

Et fut dévorée crue par un banc d'écrevisses.


Le Maurin fut marri de la mort de sa mie.

Il trouva un boulot dans une conserverie,

Trucidant des homards à longueur de journée,

Dépiautant des rougets, des sars, des encornets.


Alors qu'il éventrait un énorme tourteau,

La bête régurgita en hoquetant l'anneau

Qu'arborait sa promise le jour des épousailles

Et qu'il traînait depuis dans ses grasses entrailles.


Maurin fut bouleversé par la sainte relique

Que lui restituait un hasard diabolique.

Il jura de toujours vénérer ce bijou

Qu'il porte désormais accroché à son cou.


Traumatisé depuis par un tel cataclysme,

Il souffre le pauvre hère de crises de priapisme

Et se terre dans un squat du côté de Lorient.

Pour oublier Maria, il fume des harengs . . 

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11/03/2009 16:16
SWEET DREAM  0 commentaires

SWEET DREAM

 

J’ai rêvé tant de nuits, prisonnier de tes bras

Et vécu ces moments auxquels je n’ai pas droit :

Ton regard qui navigue aux rives du sommeil

Et chavire lentement dans un tendre réveil,

 

Un battement de cils puis ta voix qui murmure,

Et tes lèvres entr’ouvertes : délicate blessure

Sur laquelle je dépose un baiser en tremblant

J’ai rêvé tant de nuits pour vivre ces instants.

 

Princesse en pyjama de soie ou de satin

Je voudrais près de toi, vivre tous les matins

Qui me restent à vivre, te regarder dormir,

M’enivrer de ton souffle, t’aimer à en MOURIR

 

Dans une douce mort  toujours recommencée . .

 


08/03/2009 18:19
GENETICA  0 commentaires

                 GENETICA

  

Il rêve de noroîts mugissants, belliqueux,

Giflant son corps enfoui dans des limons précieux,

Comme en catalepsie : gisant de chair fragile,

Renaissant au jusant de sa gangue fossile.

 

Il rêve de retrouver : souvenir englouti

En la baïne profonde du ventre rebondi

D’une femme : les gestes délicats et tendres

D’une mère qui fondrait à l’idée de l’attendre.

 

Il rêve, lui le duplicata : rejeton dynastique

Copie de cytoplasme, nabot chromosomique,

D’être le crabe-tambour battu par le ressac,

Le macareux rieur au bec serti de nacre.

 

Il rêve d’être un goéland pour déchirer le ciel

Des écrans cathodiques où croissent en filoselles :

Embryons en goguette et chromosomes saouls,

sous le regard vitreux d’un Diogène fou.

 

S’enfuir de sa cellule, déchirer le noyau,

Arracher les flagelles qui lacèrent sa peau.

N'exister rien qu’une fois et s’affranchir du moule.

Troquer l’eau du bocal pour un bruissement de houle.

 

Bacchanale au labo : on joue de la pipette.

Les gènes boivent et trinquent au verre des éprouvettes :

Protozoaires camés à l’hydrocortisone,

Gamètes évanescentes en quête de laudanum.

 

Enfant de la Fratrie Génétique-Protoplasme,

Il est né en paillasse, sans un cri, sans un spasme.

Petit doublon fragile, foetus polycopié :

Le fils du clone s’ennuie dans son tube à essais.


08/03/2009 18:10
Lettre ouverte à mon chien  0 commentaires

LETTRE OUVERTE A MON CHIEN.

 

  

Les nuits d’angoisse et de solitude, je te rejoins sur les plages désertes du côté de la Camargue, infiniment longues et belles, bruissantes du ressac et ruisselantes de lumière.

 Flagellés par les embruns, nous poursuivons en vain, le soleil, comme des farfadets et nous errons ballottés par le vent tourbillonnant qui se plaint aux cannisses.

Nous courons ensemble, côte à côte, nous cavalons hors du temps et de l’espace, à  perdre haleine, jusqu’à l’épuisement : folle cavalcade brisée de longues pauses silencieuses à contempler la sarabande des mouettes rieuses blackboulées par le mistral et chacun reprend son souffle.

  

24 FEVRIER - 5 HEURES 30

 

J’ai essayé plusieurs fois, de reculer l’échéance mais il a fallu que je me résigne et que je prenne la terrible décision.

 Petit Epagneul, tu te tiens à mes côtés, immobile, impassible.

 Ta truffe rosée palpite à l’affût de toutes les senteurs que le mistral déchaîné disperse.

 Il chahute ta toison blanche matinée de roux.

Tu sembles distant et pourtant, petit épagneul, moi je sais que tu m’épies, tous les sens en éveil, vigilant, attentif au moindre de mes gestes.

 Tu as l’art incomparable de mendier du regard, un encouragement, une caresse et moi, je craque et j’obtempère, d’une main tremblante qui navigue sur ta robe soyeuse.

 Petit Epagneul, tu t’impatientes et tu me le fais savoir en donnant de la voix.

 De guerre lasse, je me lève, je m’ébroue et nous reprenons notre périple sauvage à la lisière des vagues.

 

 

24 FEVRIER - 6 Heures.

  

Petit matin glacial et venteux strié de neige.

 

L’ultime promenade commence, irréelle, cruelle, insupportable.

J’ai peur de craquer, je suis terriblement mal dans ma peau, je suis comme au bord d’un gouffre, je voudrais que tout soit fini et pouvoir t’oublier, faire comme si tu n’avais jamais existé pendant ces quinze années qui ont passé si vite, te chasser de ma mémoire, relativiser, comme ne manqueront pas de me conseiller quelques âmes bien pensantes en me faisant remarquer que ce n’est qu’un chien …

 Je voudrais pouvoir balayer d’un revers de la main ces années de tendre complicité, en finir le plus vite possible et puis paradoxalement, j’ai envie que cette dernière promenade dure une éternité.

 Parfois, tu fais mine de t’éloigner, sans te retourner, comme si tu voulais rompre tes liens et aller vivre ta vie de chien au delà de l’horizon mais ce ne sont que des simulacres, pour mieux te jouer de moi, me narguer, me taquiner et me rejoindre en fin de compte en un déboulé ponctué de jappements, dans un geyser de sable.

 

 

24 FEVRIER - 6 HEURES 15

  

tu trottines à mes côtés, tu ne présentes aucun symptôme apparent de maladie, tu ne sembles pas souffrir. De temps en temps, tu me jettes un regard qui semble dire : « Ne te fais pas de souci, je m’accroche ».

 J’ai décidé de mettre fin à tes souffrances.

Je n’arrive pas à croire que toi, mon petit compagnon soit condamné par un diagnostic implacable et que tu vives tes derniers instants.

 Je marche comme un Zombie, vidé, désespéré . J’essaie tant bien que mal de cacher mon angoisse, j’ai peur que tu ne devines quelque chose. Il paraît que les animaux ont le pressentiment de l’imminence de leur mort.

Nous escaladons, en compagnons de cordée, les hautes dunes de l’ESPIGUETTE et je m’écroule épuisé dans le sable qui s’éboule sous mes pieds et t’ensevelit à moitié dans un linceul mouvant.

 

Petit Epagneul, tu te secoues longuement et  tu m’asperges copieusement de sable.

 

Tétanisé par mes reproches et mes cris d’orfraie, tu viens te blottir tout contre moi, en quête d’absolution, tu reposes en « chien de fusil » et  je sens tes flancs battre au rythme de ta respiration saccadée, nous sommes alors en parfaite harmonie, en osmose, je deviens animal docile, soumis et tu es mon maître, je suis ton Alter ego.

Tu promènes ta truffe fraîche sur ma joue et à petits coups de langue câlins, tu joues la grande scène de la réconciliation.

 

Ton souffle tiède me fait frissonner et j’enfouis mon visage dans ta fourrure, je m’enivre de ton odeur de chien fou comme je le ferais d’un parfum de femme, je prends ta tête entre mes mains et je me noie dans ton regard.

  

24 FEVRIER - 6 Heures 30.

 

Dans l’ascenseur, je t’étreins une dernière fois, j’essaie de te parler, j’ânonne les mots les onomatopées qui te sont familiers et ce soliloque ridicule me déchire.

 Je voudrais te donner des monceaux de tendresse, des tonnes d’amour avant de te quitter à jamais, me faire pardonner mes sautes d’humeur, mes accès de colère, mes crises d’indifférence, faire semblant de te taquiner encore et toujours mais je suis trop désespéré et j’ai un mal fou à retenir mes larmes.

  

24 FEVRIER - 7 HEURES 30

  

Tu reposes dans ta corbeille d’osier, je te jette un dernier regard et je fuis.

 

Je me sens très lâche en refermant la porte de l’appartement mais je n’ai ni le courage ni la force de te conduire à la mort.

Quand le tramway s’ébranle,  je sais que je ne te reverrai plus jamais.

  

24 FEVRIER - 12 HEURES 30

  

On nous a rendu le collier et la laisse.

 

Ta corbeille n’est plus là et son emplacement vide me fait l’effet d’un précipice.

 Il paraît que tu as gémi un peu lorsque l’aiguille a pénétré dans ta veine mais qu’en définitive tu n’as pas souffert.

 

 

24 FEVRIER - 18 HEURES.

 

 De la fenêtre, j’aperçois dans la neige, en contrebas, éclairées par un lampadaire  blafard qui accentue encore la cruauté de la scène, les traces de ta dernière errance : empreintes de pattes fossilisées par le gel, elles sont là depuis ce matin, comme un remords qui m’obsède et me taraude. Je ne parviens pas à les quitter des yeux et je ne puis m’empêcher de refaire mentalement ton itinéraire : zigzags jalonnés ça et là de quelques taches du  sang de cette mortelle blessure.

 

 Le soleil est au zénith, il fait saliver les micocouliers et les tamaris. Le mistral s’acharne sur les dunes de l’ESPIGUETTE, je te rejoins une fois encore sur les plages désertes de Camargue, infiniment longues et belles, bruissantes du ressac et ruisselantes de lumière.

 

 28 FEVRIER - 18 HEURES.

 

La neige a fondu complètement, , me délivrant enfin de la vision insoutenable de ces traces de toi, petit Epagneul.

 Pardonne-moi si je bêtifie mais il faut absolument que je te le dise :

 Tu me manque terriblement.

 

 

 

 


12/02/2009 13:23
VANESSA LA DOUCE  0 commentaires

 

 

Vanessa est fragile comme ce château de sable,  

Où son corps alangui repose, inexpugnable

Gisant de chair  lové, assoupi, enchâssé

En la douce baïne du rêve que  je fais.

 

 

Je rejoins très souvent dans ce songe érotique,

Cette poupée mutine, cette femme synthétique

Que j’adore en secret loin des flous du présent

Que le matin ramène à mon corps défendant.

                       

 

Une douce lumière diaphane dégouline

Et se perd en méandres dans le lit des ravines

Que creuse dans le sable, son corps écartelé.

Vanessa me regarde, je me prends à l’aimer.

 

 

Le soleil se vide de son sang violine

Qui ruisselle et se perd aux rives des salines.

Les mouettes surfent le vent dans une folle errance

En tutoyant les vagues sur la mer en mouvance

 

 

Ses doigts tentaculaires sont autant de lichens

Qui lacèrent mes reins, me violentent et m’enchaînent.

Mon corps tétanisé, dans un spasme dérive,

Des bras de Vanessa vers une mort fictive


11/02/2009 17:07
PORQUE TE VAS  0 commentaires

 

                 

Elle raffole, la folle, des farandoles, des olas,

Le feu impétueux de DE FALLA, elle l’a

Dans le corps, le jais luit et lui allume

la chevelure, son regard amadoue et consume.

 

Elle joue jeux interdits sur des vihuelas sans âme,

Aux portes des bodegas que fréquentent les femmes

Qui balancent et qui tanguent entre leurs vies soumises

Et des rêves adultères qui les hantent et les grisent.

 

Elle vit des jours fragiles ponctués des remords

Qu’elle n’aura jamais et lorsqu’elle s’endort.

Elle franchit le miroir puis elle se débarrasse

Des pudeurs délicates qui lui servent de cuirasse.

 

Gamine d’ARANJUEZ déflorée à WOODSTOCK

Elle hurle des canticos matinées de Hard Rock,

Sous le regard bovin de quelques rastaquouères,

Qui sirotent en rottant de vieux portos amères.

 

Elle fume des DUCADOS au goût léger de menthe

Et la fumée l’entraîne en volutes planantes,

Dans la brume impalpable des plages de MATARO

Et le sable s’attarde aux pores de sa peau.

 

Elle est belle, sensuelle et mon imaginaire enfante

des ferias décadentes où je la fais infante

De Saragosse, reine de CADAQUES, princesse catalane,

En des châteaux de sable saoulés de tramontane.

 

Elle vit des nuits câlines aux confins des mirages,

Elle fait l’amour au vent, au soleil, aux nuages,

Elle marche dans mes rêves en escarpins de verre

Ravive mes souvenirs  et détruit mes chimères.

 

Quand elle franchit les portes des cathédrales sombres

où se trémousse en nage une escouade d’ombres :

Gamines névrosées, peignées comme des sconses,

qui draguent des andalous venus tout droit du BRONX.

  

Son regard se colore de reflets d’améthyste,

Son ventre est agité de pulsions anarchistes,

Elle se met à swinguer dans une muletta,

Ivre de véroniques, de suertes, de faenas.

 

Carmencita gracile, fille d'EL CORDOBES,

Elle monte en amazone, des chevaux de kermesse,

Qui martèlent mes nuits du bruit de leurs sabots,

Dans un manège flou que hantent des taureaux.

 

Matamore languissant, armé de castagnettes,

Novillero timide, Picador d’opérette,

Je combats en son nom ces taureaux grabataires

Sur des plazzas minables flanquées de talanquères.

 

Elle feuillète l’avenir comme un livre d’images,

Dont elle déchire les pages de dépit et de rage

Et quand elle se retire dans ses souvenirs d’enfant

Son silence est si fort qu’il est assourdissant.

 

Elle boit de l’eau de vie à petites gorgées,

Dans des verres de carton au BARCELONE Café

Fragile, timide et douce, quelque part vulnérable,

Elle est belle, émouvante, désirable, implacable.

 

Quand elle murmure : Porque te vas ?


11/02/2009 17:03
LA JAVANAISE  0 commentaires

 


Mlle CHENG est morte : elle s’est défenestrée.

De Java à Sarcelles en clandestinité :

Une vie de vingt ans. Je la connaissais bien :

C’est vrai, je vous le jure, J’ai beaucoup de chagrin

 

Ici les Boat-People naviguent à l’estime.

Pour une escale en ville, ils versent une dîme

A de faux mandarins qui vivent en duplex

Et font des Stock-Options sur le marché du sexe.

 

Pour un peu de tendresse dans la fumée d’opium

Je quittais quelquefois mon existence d’homme.

Pour la rejoindre aux rives des ruts balbutiants

Qui coulent en méandres dans mes rêves d’enfant.

 

J’échangeais quelques piastres contre un petit orgasme,

Un parcours de frissons, de caresses, de fantasmes.

Puis je prenais congé, regagnais mes pénates

Pour retrouver mes chiens, ma femme et mon mainate.

 

Jamais je n’oublierai son beau visage blême

De femme enfant fragile et nos plaisirs extrêmes.

Nous embarquions souvent pour des cités lacustres

Sur des sampans minables ou des jonques vétustes

 

Nous marchions enlacés sur des sentiers battus

Par les pluies de mousson : pitoyables fétus,

Ballottés, secoués, transis dans nos sarongs

Errant de case en case, frappant à tous les gongs.

 

Nous dormions, allongés dans ces frêles cahutes

Que la brume ceinture d’impalpables volutes.

Quand la nuit se complaît à chahuter le jour

Et patine la jungle d’une main de velours

 

Nous jouissions sans fin des cieux larmoyants,

Déchirés, tourmentés : Cumulus flamboyants

Déferlant en cohortes sur les champs de pavots 

Que le vent défoliait : gigantesque écheveau,

 

De corolles en folie dans le creux des ravines :

Et nous trouvions enfin sur ces terres sauvagines

Quelques arpents de rêve pour un petit bonheur

Fragile, vulnérable, bienfaisant, rédempteur.

 

Les coolies de Belleville sont au crématorium

Pas d’opiacées en fleurs mais quelques géraniums

Chinatown se tait et pleure la Javanaise

Une pluie de mousson noie le quatre vingt treize

 


 


 


11/02/2009 16:57
PETIT RAP POUR MONTREYNAUD  0 commentaires

 

  

Tours de BABEL abruptes, dérisoires falaises,

FAVELLAS de béton, accrochées aux cimaises

D’un ciel effervescent dégoulinant de pluie :

Le ghetto se rebiffe et ferme ses ouïes,

 

Quand passent les condés en quête de pavots.

Les Teen-agers d’ici ont l’amour du prévôt 

Et lui crient en verlan des messages de haine :

Antiennes syncopées, violentes et obscènes.

 

Phrases incandescentes gravées au coutelas

Sur des huis délabrés, sans serrures, sans judas,

Qui claquent dans la nuit et battent le tempo

Sous les coups redoublés de leurs gros godillots.

 

Affublés de capuches, comme des moines trappistes

Ils s’inventent en riant de mauvais jeux de piste.

On dirait des manchots en rupture de glace

Qui chercheraient ADELIE du côté de la TERRASSE

 

Tribus émoustillées rassemblées en Pow Wow :

Iroquois de BEL-AIR, Cheyennes de MARENGO

Rastaquouères de SOLAURE, Sauvageons, Blacks et Beurs

Comanches en Battle-Dress, Mescaleros hâbleurs

 

Gisants plantés debout, dans la moiteur des porches,

Ils brûlent du regard les JAGUAR et les PORSCHE

Qui passent en feulant et promènent les stars

Qui se roulent dans l’herbe de GEOFFROY GUICHARD

 

Sur les pages du LAROUSSE, ils font de la varappe

Et triturent les mots pour décliner des RAPS

Exacerbés et beaux comme des chants ZOULOUS

Qu’ils martèlent à l’envi en hurlant comme des loups.

 

Pas de viole de gambe à leur table de mixage

Les bécarres sont acides et les bémols enragent

Sur des portées noircies, les nuits sans souvenirs

Puis déferlent en arpèges dans la boite à délires.

 

 

Le RAP met des sanglots dans la voix des banlieues

Et transforme les mômes fragiles en dieux

Quand le ciel vert de gris dégoulinant de pluie

Phagocyte MONTREYNAUD (1) et doucement l’engloutit.

 

 

(1) Quartier dit sensible de St ETIENNE

 


11/02/2009 16:50
MELANIE  0 commentaires

 

La jungle se décline de Clichy à Barbès.

Trois pigeons faméliques jouent les cacatoès

Sur un lampadaire borgne, rue de la Boétie.

Les divas de la brousse sont en catalepsie

 

Dans des musées baroques : troupeau hétéroclite

De gazelles empaillées, de gibbons troglodytes,

De crotales en bocaux, de panthères, de lynx,

De girafes, de buffles, de hyènes et autres sphinx

 

Du bush et de la steppe. Les pélicans goitreux,

Les choucas, les mainates, les casoars miteux,

se balancent mollement, accrochés aux cimaises

de volières poussiéreuses infestées de punaises.

 

Charivari choquant de la rue qui se rit

Des gisants qu’on blackboule. On rafle les scories

assoupies ça et là, faubourg saint Honoré.

La milice ratisse, décortique les papiers

 

De la black en boubou qui geint et psalmodie

Des prières coraniques et des incantations

Pour un croissant rassis ou pour quelque ration

De poulet douce France garni de riz ranci.

 

Supplique pour avaler discrètement quelques restes

Que nos chiens alanguis trouveraient indigestes :

Bas reliefs des en-cas servis dans les drugstores

Aux dandies névrosés qui vivent dans la pléthore.

 

Le roi lion croupit dans des fosses abyssales,

Il rêve de savane et les vieilles fringales

Du temps des antilopes, des zébus et des gnous,

Resurgissent vivaces, quand on lui sert du mou.

 

Les crocodiles lézardent au revers des liquettes

De busards faméliques qui s’adonnent au racket.

Les gorilles sont au Ritz et les grues sont au bois :

De Neuilly à Sarcelles, c’est la brousse qui flamboie.

 

L’oncle Tom est en case du côté de Belleville,

On le trouve à l’enseigne du « Marabout Tranquille ».

Il rappe ses comptines au son du djeridou,

A l’ombre des pipe-lines du centre Pompidou.

 

Mélanie fait la manche, accroupie sous un porche,

Quand passent en feulant, les Jaguar et les Porsche

Elle implore et supplie, sa litanie tribale

réveille chez le blanc des pulsions animales.

 

Frêle statue d’ébène, insensible aux lazzis,

Tous les jours que Dieu fait, elle est là et mendie.

Elle quête des sesterces aux marches de St Ambroise

Et tend sa calebasse aux Gaulois qui la toisent :

 

Et voudraient à tout prix en riant lui faire croire

Que le Zambèze coule entre Mende et Issoire.

De pirogue en galères, elle rame jour après jour :

Son Titanic dérive de Nanterre à Beaubourg.

 

Sur son radeau fragile, elle navigue à l’estime.

Elle godille en pleurant de misère en déprime

Elle vogue vers les Marquises ou les îles Maldives

Moi j’attends sur le quai que  le métro arrive.

 

 

 


11/02/2009 16:45
LETTRE OUVERTE A MARYLIN  0 commentaires

 

Gamine écervelée, naïve et authentique,

Enfant adultérine de ces femmes synthétiques

Qui font l’amour entr’elles sur de profonds sofas,

De toute ta candeur, tu cries et tu te bats.

 

Cendrillon de banlieue, colombine des drugstores,

Ballerine fragile aux chaussons brodés d’or,

Tu marches dans la ville, la tête dans des ports francs

Où mouillent des gondoles gréées de voiles d’argent.

 

Egérie de la faune qui peuple les pagodes

Où la sono vomit les chansons à la mode,

Tu rêves à des amours enfantines et ludiques

Tandis que te harcèlent de vieux messieurs lubriques.

 

Tes lèvres entr’ouvertes : douce blessure carmine,

Eclairent tendrement ton visage d’opaline.

Je bois aux commissures une larme furtive

Qui perle de tes yeux tournés vers d’autres rives.

 

Femelle évanescente, fragile et vulnérable,

Tu cotoies en riant des abîmes insondables.

Coryphée pathétique de mes ballets ringards,

Tu danses, magnifique dans ta robe de moire.

 

Cheveux blonds, encadrant un visage de mime,

Le regard traversé de lumières sublimes,

Chromo pour magazine, princesse des embruns,

Tu reposes immobile, au fond de ton écrin.

 

Ton corps d’adolescente, en sommeil léthargique,

Aspire à des plaisirs violents et sataniques.

Je joue les exorcistes, sur des chants grégoriens,

Je hurle sous ton balcon....Mais toi tu n’entends rien !


11/02/2009 16:40
LADY JANE  0 commentaires

 

Je ne supporte plus ces poètes à l’ancienne :

Faiseurs de vers opaques, compositeurs d’antiennes

A la gloire de VENUS callipyges et obèses,

Tout droit sorties des strates du PELOPONESE.

 

Ils ont l’ode à la bouche, pour ces grasses vestales

Et chantent en versifiant leur surcharge pondérale.

Ils n’ont d’yeux et de ventre que pour leurs grasses fesses :

Qu’importe le jarret pourvu qu’il soit de GRECE.

 

Ils dédient des tirades aussi creuses qu’insipides

Aux filles de THESEE, d’ARISTOTE ou d’EUCLIDE,

Qui reposent avachies, alanguies,  lymphatiques :

Leur chair est triste et molle sur les sofas antiques.

 

Ils font de la VENUS, l’archétype de la meuf,

La poule de MILO était ronde comme un œuf !

Pourtant cette statue qui trône sur son socle

Fait bander ces penseurs, disciples de SOPHOCLE.

 

Messieurs les amateurs de poitrines turgescentes,

De hanches extra-larges, de fesses protubérantes,

Souffrez que je vénère la môme anorexique

Au visage émacié, à la croupe atonique.

 

Je préfère la nymphette des défilés de mode

A l’HELLENE replète qui s’habille chez HERODE,

La fille dégingandée fluette et longiligne,

La coryphée fragile qui danse le lac des cygnes.

 

Qu’elle ait les seins menus, des mamelons mollets

Qu’elle soit évanescente, frêle comme un feu follet,

Peu me chaut CLYTEMNESTRE ! Peu me chaut DIOGENE !

Je préfère la BIRKIN à PERSEPHONE d’ATHENES.

 

Pour un détour furtif par son mont de VENUS,

Pour une tendre escale sur ce doux tumulus           

J’échangerais volontiers PANDORE et DIONYSOS.

Pour l’avoir sous la main, un soir en chair, en os.

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 


11/02/2009 16:37
CONCERT EN CHINE  0 commentaires

 


                  

                       (A Jean-Michel JARRE)

 

Les boomers globuleux comme des yeux aveugles

Palpitent, vibrent, râlent et beuglent :

Olifants en pavane, bourrés d’oscillateurs :

Andante pathétique, parade de la douleur.

 

 

Les boites à rythmes battent des tempos lancinants

Qui meurent en syncopes aux baffles rugissants.

Il fait naître d’un geste, des mouettes synthétiques

Qui tournoient en piaillant des cris analogiques.

 

 

Fils de STOCKHAUSEN, ses grands orgues barbares

Ont dans leur ventre fou, des cantates bizarres

Où les dièses de synthèse, les bécarres électriques

Se brûlent aux lumières des écrans cathodiques.

 

 

Narcose des échos, feulement des cymbales

Qui vrombissent, prisonnières d’enceintes bicéphales

Posées sur un jubé de poutrelles d’acier,

Ses doigts arachnéens martèlent le clavier.

 


11/02/2009 16:31
ICI LONDRES  1 commentaires

 

En mal d’inspiration rongé par la déprime,

Incapable d’écrire le moindre bout de rime,

Je saisis d’un seul jet, au prix d’un dur labeur,

Dix mille mots du Larousse dans mon ordinateur.

 

 

En vrac au fil des pages de l’encyclopédie,

Je traquai les mots rares qui comblent l’érudit,

Les mots savants et justes, les mots qu’on catapulte,

Les mots doux qu’on susurre, les gros mots qu’on éructe,

 

 

Les mots qu’on ne mâche pas, mots de passe ou mots clé,

Les mots bleus, les grands mots, les mots acidulés,

Les mots couverts qu’on pèse ou qu’on dit à demi,

En un mot comme en cent, dix mille mots choisis.

 

 

Connaissant les arcanes du microprocesseur

Je l’imaginais mal en versificateur

Et lançai le programme non sans quelque anxiété

En caressant l’espoir que le monstre accoucherait

 

 

De sonnets délirants ou de quatrains baroques :

Salmigondis de mots, galimatias loufoque.

J’escomptais pour le moins des rimes insolites,

Des vers de mirliton chantant la bakélite .

 

                                                                      

Je déchantai bien vite, point de poème épique,

J’eus droit au doux crincrin d’une boite à musique

Qui débitait en boucle, trois notes lancinantes

Tandis que sur l’écran, en lettres ondoyantes

 

                                  

Rythmés et cadencés par ce son de crécelle,

Apparurent deux vers qui depuis m’interpellent :

Les sanglots longs des violons de l’automne

Blessent mon coeur d’une langueur monotone.

 

                                  

Etonnant non ?

 




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