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Diaporama Muet
Sur une musique virtuelle
de
Frédéric CHOPIN
Part THREE
L'ENNUI NAQUIT UN JOUR DE
L'UNIFORMITE
AVERTISSEMENT
Aujourd'hui c'est dimanche : Partant de ce constat somme toute évident, l'auteur de ce Blog a décidé en accord avec lui même de ne pas se casser la tête.
Vous avez donc droit à un p'tit interlude comme au temps de l'ORTF en attendant la reprise des hostilités et des choses sérieuses demain matin vers 7 heures 30.
- Pour tous ceux qui n'ont pas connu ces moments exaltants, une seule adresse :
http://les-bricoles-de-g.over-blog.com/article-le-petit-train-rebus-interlude--43929849.html
- N'oubliez pas de mettre le son
Merci de votre compréhension.
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(A SUIVRE)
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FOLIE 147

GROS CONNARD

Cette photo évoque ce qui se passait régulièrement en Angleterre il y a quelques années puisqu'en 2005 la chasse à courre a été interdite au grand dam des adeptes de cette chasse cruelle et barbare qui sont entrés en rébellion depuis (voir photo ci-dessous).
C'est vrai que ce genre de spectacle doit manquer à tous les péquenots du coin qui avaient l'habitude de se masser sur les trottoirs pour voir passer le duc ou l'archiduc en grand équipage précédé de sa meute de beagles.

Rendez nous la chasse à courre !
PAROLE DE CERF

Nous avons interrogé un vieux cerf de passage dans la région pour savoir ce qu'il pensait de la survivance en France de cette chasse barbare qu'est la chasse à courre.
Il a poussé un long brame et nous a déclaré tout de go : "Je m'en bats les couilles ! " Et il a joint le geste à la parole.
PETITS CONNARDS
(Suite)


Dans la série GRAINE DE CONNARDS (vivier inépuisable), nous vous présentons le petit Joselito Castillo Di Aragon, c'est son nom d'artiste. Il est très content de lui le petit Joselito il vient de planter ses banderilles sur le dos de la pauvre bête.
Je n'ai qu'une envie, c'est de botter le cul à ce petit con histoire de préparer sa couenne à recevoir la douzaine de banderilles acérées que je tiens à sa disposition.
Je ne résiste pas au plaisir de vous donner un extrait du règlement de ces jeux barbares.
LE DEUXIEME TERCIO
Le deuxième tercio consiste à poser les banderilles : bâtons d'environ 80 cm de long, terminés par un HARPON de 4 cm ( Ca doit être jouissif ! ) et qui sont recouverts de papier de couleur.
Les banderilles sont généralement posées par les peones mais certains matadors les posent eux-mêmes.
En principe on pose (L'expression est délicate) trois paires de banderilles, toutefois le président de la course (Dans un accès de mansuétude), peut décider d'en réduire le nombre, en revanche, le matador peut demander au président l'autorisation de poser une quatrième paire. (Tant qu'à faire !)

LE HARPON EN QUESTION
Si on se trouve en présence d'un taureau qui est franchement "MANSO" ( un gros lâche ) sans bravoure, par exemple un taureau qui a refusé toutes les piques ( La chochotte ) et a fui les appels faits à la cape ( Hou le vilain ! ), le président peut décider de lui faire poser des banderilles noires dont le harpon est légèrement plus long ( Y a pas de raison ) et qui sont une marque d'infamie !

Que c'est beau un taureau sanguinolent !
Pour mémoire la corrida n'est pas interdite en France, c'est que mon bon Monsieur, un afficionado c'est aussi un électeur et puis il paraît que notre bon président se délecte de ce spectacle quand il en a le loisir !
PAUVRES PÊCHEURS

On peut-être fin pêcheur et bon musulman, il n'y a rien de contradictoire seulement quand c'est l'heure de la prière, que ça morde ou pas, on se tourne systématiquement vers la Mecque et on se prosterne, Il y en a toujours malheureusement à qui l'excès de foi fait perdre tout repère.
PAROLE DE CANARD

Putain ! mais c'est que ça glisse !
PAROLE DE VARAN
Font chier . . y regardent encore TF1 !
PAINT BALL

Robert Connaly, citoyen Irlandais est un peintre très particulier dans la mesure où il se sert avec virtuosité de son sexe comme d'un pinceau ou d'une brosse pour réaliser des portraits très ressemblants.

A son actif, les portraits de Boris Eltsine, Georges Bush père, du pape Jean XXIII, De Nelson Mandela, Margaret Thatcher et Youri Gagarine.

Esquisse au Pénis

Notre artiste en plein travail, vous remarquerez que le modèle baisse pudiquement les yeux, le tableau est toujours réalisé d'un seul jet.

Il vient d'immortaliser sur la toile en quelques coups de pénis ces trois charmantes jeunes filles qui n'en reviennent toujours pas.
Alors que ses deux copines semblent fixer obstinément la ligne bleue des Vosges, la jeune fille du milieu a du mal à détacher son regard du pinceau de l'artiste que la pudeur et la déontologie nous interdisent de montrer.
A noter que le peintre est systématiquement filmé lors de ses prestations de manière à ce que les modèles puissent acheter et emporter une cassette vidéo souvenir.
Puisse cet article susciter des vocations parmi tous ceux qui fréquentent ce blog, si vous n'avez pas la fibre artistique et que vous ne vous sentez pas de taille à reproduire la tronche de votre épouse, vous pouvez toujours repeindre les murs des toilettes, le plafond du salon ou les radiateurs de la salle de séjour.
L'IMAGE DU JOUR

Tel père tel fils
(A SUIVRE)
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FOLIE 97
lllj
FESSEE

La députée UMP Edwige Antier va déposer une proposition de loi visant à interdire les châtiments corporels, dont la célèbre fessée ! ! !
Si on ne peut plus battre nos Meufs . . Qu'est-ce qu'on va devenir et qu'est-ce qu'on va faire de nos dix doigts !
MARIAGE
C'EST PLUS DU TOUT CE QUE C'ETAIT !


MARIAGE A LA FRANCAISE DES JEUX

Mes chers enfants, nous allons maintenant procéder au tirage au sort devant Dieu et devant tous vos amis rassemblés en ce jour de fête pour savoir qui de Nadia, de Sonia ou de Valentina aura la chance de prendre pour époux Gaspard ici présent.
CULTURE

Le célèbre jeu d'Armand Jammot : des chiffres et des lettres fait actuellement un tabac dans les pays africains qui organisent régulièrement des compétitions InterTribus et InterNations, notre photographe a surpris les candidats du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Zimbabwe, du Burundi, de l'Ouganda, du Kenya qui s'affrontaient en 8ème de finale de la coupe d'Afrique.
LA PHOTO DU JOUR

(A SUIVRE)
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FOLIE 96
CRAZY HORSE

On n'en était pas tout à fait sûr mais désormais, on peut l'affirmer avec certitude : le cheval est bel et bien la plus belle conquête de l'homme surtout quand il s'agit de la jument, rassurez vous Mesdames vous arrivez juste après dans le coeur de l'homme et dans son lit !
SODOMITES

Dans le cadre d'une grande journée de promotion essentiellement destinée à recruter des adeptes, les sodomites du Loir et Cher ont organisé une grande opération "Portes Ouvertes" à Savigny Sur Braye, elle a rencontré un énorme succès, sur notre photo l'un des multiples stands mis à la disposition des amateurs de sensations fortes par les organisateurs.
CADAVRES EXQUIS

En quête d'un sujet de reportage, notre correspondant en Chine Julien Libidineux se promenait sur les berges du Yang Tsé à Wuhang quand son attention fut attirée par un attroupement d'une vingtaine de chats sur les berges du fleuve, auprès de ce qui semblait être un sauveteur penché sur le corps d'un homme victime de noyade.
Renseignements pris auprès de cette personne qui était en fait le médecin légiste, il s'avère que tous les chats chinois n'ont pas la chance comme les matous européens d'être nourris au Ron Ron ou au KitEKat.
C'est ce qui explique qu'ayant pris l'habitude d'autopsier les cadavres sur place, les noyades sont nombreuses dans ce secteur, il réserve à ses amis greffiers attirés par les effluves nauséabonds quelques morceaux de choix.
Une belle leçon d'amour des animaux à méditer.
TELEVISION NUMERIQUE

Bientôt il ne sera plus nécessaire de recourir à ce genre de bricolage ingénieux pour être complètement immergé dans les programmes que diffuse canal + très très tard le soir.
L'image, le son et l'odeur seront intimement mêlés comme les trois sens que sont la vue, l'ouïe, l'odorat dans la vraie vie :
QUE D'EMOTIONS GUSTATIVES
EN
PERSPECTIVE
LA PHOTO DU JOUR
UN CONSEIL D'AMIS : NE VENEZ PAS NOUS EMMERDER !
(A SUIVRE)
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COINCER LE BULBE

Potou petit village côtier du Sénégal mais grand centre maraîcher de la région de Louga est en passe de devenir la capitale mondiale de l’oignon avec une production record de 3.500.000 tonnes.
Il organisait ce week-end en présence d'une foule énorme et enthousiaste, le 5ème marathon des bouffeurs d'oignons.
C'est au prix d'une lutte acharnée qui a duré près de 12 heures que Mamadou Dukuré, ancien acteur de films X et fin connaisseur en oignons a remporté une compétition indécise de bout en bout. Sur notre photo : le sprint final de Mamadou Dukuré qui s'est effondré en larmes après sa victoire à l'arraché ! !
INTELLIGENTSIA

BREVES EN FOLIE est en mesure de vous révéler en exclusivité, les résultats d'un test inopiné de QI réalisé sur Benjamin Castaldi pendant la diffusion de Secret Story sur TF1, les chiffres qui devaient rester secrets comme la Story . . . sont très très largement inférieurs à ce qu'il est convenu d'appeler le QI moyen du Français moyen, ceci explique celà, inutile de faire un dessin.
D'autre part des analyses de selle réalisées à son insu ont révélé que Benjamin Castaldi avait recours quotidiennement sans succès d'ailleurs à des anabolisants (notre photo) destinés à stimuler son intellect et à le faire paraître plus intelligent et fûté (mission impossible !).
IL Y EN AURA POUR TOUT LE MONDE !
SERVEZ VOUS LARGEMENT !
MALBOUFFE !

Le pape Benoit 16, plus connu sous le sobriquet de "Sa très Sainteté Ainsi Font Font Font" a effectué en Mars une première visite oecuménique en terre Africaine, au Cameroun et en Angola.
A son arrivée à Yaoundé, il avait été chaleureusement accueilli par le président de la République Camerounaise Paul Biya et par son épouse.
Rétrospectivement, il ne semble pas que cette visite ait soulevé l'enthousiasme de la population locale invitée à communier sur la place Oungoulou Oukoulélé si l'on en croit cette photo exclusive où l'on ne se bouscule apparemment pas pour recevoir la Sainte hostie.
On a appris de source sûre suite à ce fiasco papal que toutes les hosties qui n'avaient pas trouvé preneurs avaient été distribuées aux poules de Yaoundé en toute discrétion . . . of course.
UNE PREMIERE
DOCUMENT EXCLUSIF
DE BREVES EN FOLIE

Grâce aux progrès réalisés en matière d'optique et de miniaturisation des objectifs, on a pu photographier pour la première fois une colonie de spermatozoïdes d'eunuque.
Ce cliché exceptionnel a été pris grâce à la complicité bienveillante du dernier eunuque encore en vie.
Il s'agit d'un Chinois originaire de Beijing : Li Pin Swang le bien nommé, âgé de 94 ans.
On notera que ces spermatozoïdes qui furent en quelque sorte victimes d'un enfermement arbitraire en QHS, ont fini au fil du temps par perdre tous leurs repères et à sombrer dans la folie.
Ils ont subi de mutation génétique en mutation génétique d'étranges déformations de la tête qui les font ressembler à de petits requins marteaux ! ! !
Q.H.S

CA FAIT FROID DANS LE . . . DOS !
CE QU'EN PENSE
PIERRE DAC

- Le commerce va très mal : même les gens qui ne payaient jamais n'achètent plus !
- La seule véritable bête de somme, c'est la mouche tsé-tsé.
- La marche du temps donne le sens de la discipline, jamais un seul jour n'a essayé d'en dépasser un autre avant son tour.
- L'infini ne peut guère conduire qu'à zéro et réciproquement.
- L'amour platonique est à l'amour charnel ce que l'armée de réserve est à l'armée d'active.
- Je suis pour la peine de mort avec sursis.
- Je me suis souvent demandé et me je demande souvent encore ce qui peut bien différencier une mauvaise bronchite d'une bonne.
- Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses !
- J'ai lu l'Odyssée. - Vous l'avez lue dans le texte ? - Non, dans le train ! - Ça va plus vite. - Oh oui, d'autant que c'était un rapide. Evidemment quelques passages m'ont échappé : Les passages à niveau, naturellement.
- Si par erreur, omission ou distraction, une cirrhose du foie est traitée par un spécialiste des voies rectales, elle risque fort de tourner à la cirrhose des vents.
(A SUIVRE)
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COMPUTER ANATOMY

Ceux qui me connaissent savent combien je suis passionné par
l'informatique, j'en avais marre (provisoirement) de parler de la
Banque et de la Finance, j'ai donc sorti ma boite à vers et voilà ce
que ça a donné.
Le
Microprocesseur : Mille Pattes immobile,
Scolopendre synthétique fécondé dans l’argile
Et les
riches silices de strates nourriciers :
Scarabée fossilisé à Silicon Valley.
Habillé par Zilog ou par Motorola,
Il arbore
livrée noire, Matricule de forçat
Tatoué sur
le dos, toutes griffes dehors,
Il est tapi
dans l’ombre, comme un fauve retors.
Comme un
coeur voltaïque, le quartz bat la chamade :
Horloge
schyzophrène aux rouages malades
Qui cadence
la danse tribale des électrons :
Feux-Follets
affolés aux rives des néons.
Et les
hordes d’octets déferlent en phalanges
Sur des
pistes ténues comme des cheveux d’ange,
Jusqu’aux
portes logiques. Névrosés et balourds,
Ils pèsent
de tout leur poids sur leurs gonds de velours.
Et le transformateur obèse, monolithique,
Mausolée de
ferraille, parthénon diélectrique,
Diogène de
cuivre, dans son tonneau d’acier,
Irrigue
l’écheveau des highways étamées.
Cimetière
fantastique peuplé de noirs tombeaux.
Disposées en
quinconce, alignées au cordeau,
Mémoires
vives ou mortes, reposent enchassées :
Stèles sans
épitaphes, ni couronnes, ni trépassés.
Transistors
en armure de chevaliers teutons,
Régulateurs
fiévreux, narcosés au krypton,
Zombies de
Silicium en coiffe de bigouden,
Clones de
germanium maquillés au tungstene,
Pixels
désemparés par trop d’acrobaties,
Octets en
goguette aux ports d’Entrée-Sortie,
Où les bits
en transit, ne sont pas d’amarrage,
Où les quais
de mica sont chemins de halage.
Que
sillonnent des digits en rupture de mémoire
Recherchant
la quiétude d’un registre reposoir.
Electrons
funambules sur des rais de lumière.
Diodes
filiformes comme des roses trémières.
En galaxies
fugaces d’étoiles hétéroclites,
Elles
clignotent et scintillent au ciel de bakélite.
Des bus
intemporels canalisent l’exode
De données
interlopes rassemblées en synode.
Carnaval
magnétique sur des rythmes binaires :
Favellas
bouillonnantes comme des coronaires
Que balaient
des courants légers et dérisoires
Qui meurent
incognito, aux rives des mémoires.
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BLACK FOOD
Pour
la tête persillée du veau hydrocéphale
Que
la cocotte materne en ses flancs de cristal,
Pour
le chinois filtrant le délicat coulis
Qui
ravine les pores de son profond tamis.
Et
se répand en ruts liquoreux et glacés
Sur
la crête moussue d’un gros Saint Honoré.
Pour
ces profiteroles nappées de crème anglaise,
Pour
ces têtes d’asperge coiffées de mayonnaise.
Pour
ces morues dorées mariées aux morilles,
Ces
volailles avachies sur un lit de lentilles
Ces
fayots qui clapotent dans des faitouts de grès
Aux
rives de bouillons où mouillent des magrets.
Pour
tous ces blancs changés en tendre mousseline
De
chantilly crémeuse : fragile capeline
Pour
quelques religieuses ventrues et croustillantes
Alignées
au cordeau dans la chapelle ardente
D’un
fourneau rougeoyant bardé de casseroles.
Pour
ces cèpes, ces pleurotes, ces bolets, ces girolles,
Ces
huîtres, ces pets-de-nonne, ces cornes de gazelle,
Cette
potée de bar et ce thon en rouelle.
Pour
ce Grave servi en calice d'arcopal
Qui
câline les papilles de la gent provinciale.
Pour
ces crus sirupeux, ces blancs aligotés,
Ce
champagne jeunot qui racle nos gosiers.
Pour
ce cent d'œufs cocotte à la crème de marron,
Ces
poires en chemise, ce Saint-Jacques en chausson,
Cette
sauce poutargue, ce soufflé aux courgettes
Ce
filet de barbue médaillé d'amourettes.
Pour
ces lottes braisées en civet de patelles,
Cette
soupe de congre, ce flan de tagliatelles,
Cette
selle d'agneau aux artichauts poivrade
Et
cette queue de bœuf piquetée de muscade
Pour
cette pauvre écuelle remplie chaque midi
De
bisque, de gras-double, de moules, de salsifis,
Pour
ce pain quotidien gainé de cellophane
Qui
lève chaque jour : substantifique manne
Pour
éponger ces sauces ourlées de basilic
Qui
baignent les reliefs de purées synthétiques
Dont
se délecteront le lévrier afghan,
Le
teckel à poil dur ou bien le chat persan.
Pour
ce presque foetus aux yeux exorbités
Dévoré
par les mouches, qui essaie de téter
La
baudruche fripée qui pendouille du boubou
Loqueteux,
miséreux de sa mère à genoux.
Pour
cette piéta noire taillée à coup de hache
Qui
n’imagine pas les rondeurs de nos vaches,
La
forme de nos brebis qui regorgent de lait
Et
l’étal pléthorique de nos frères : les
bouchers.
Pour
tous les phacochères, les zébus et les gnous
Qui
broutent en beuglant du sable et des cailloux.
Pour tous ces petits blacks chétifs et souffreteux
Dont
le ventre affamé est plus gros que les yeux.
Merci Seigneur !
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WARGAME
ON
THE
MEKONG
JOYSTICK OR KEYBOARD
?
Feulement de
cymbales, vibrations de gongs,
Van Song Phat le
coolie, caline Swang Sue Li.
Swang Sue Li,
alanguie, épanouie, sourit.
Que la guerre est
jolie aux tables de majong.
Et les cadavres
exquis, aux rives du Mékong.
LEVEL ONE OR TWO ?
Matins d'Extreme Orient
parfumés à l'encens,
La guerre fête le
Têt aux lampions des consoles.
Je redeviens
primate, j'ote ma camisole,
Je martèle les
touches, je violente l'écran,
Les Yankees au
pinacle et les Viets à l'encan.
ENTER YOUR PASSWORD
Bourdonnement
d'essaim, staccato des rotors,
Les pales giflent
l'air, effilochent la brume.
Soleil incandescent,
martèlements d'enclume.
La forêt s'abandonne
aux pilotes retors
Qui pilonnent
encore, les murailles d'Angkor.
PRESS SPACE FOR
SHOOTING..
La roquette a
jailli, elle s'éloigne en chuintant,
Pulvérise les
feuilles oblongues des manguiers,
Traverse,
nonchalante une bambouseraie,
Poursuit sa folle
errance, zigzague mollement,
Décrit comme une
ellipse puis explose en sifflant.
EXPLOSION
Les Centurions du
Bronx, les Snipers de Broadway
Agonisent dans l'eau
des marigots putrides
Et les crabes
tambour camés aux pesticides,
Se délectent
goulûment de leurs corps suppliciés.
Qu'ils iront digérer
à l'ombre des palmiers.
INSERT DISK II
Le défoliant tueur
s'insinue dans les veines
Des fillettes
graciles de Da Nang et d'Anh Loc :
Gamines frêles,
fragiles revêtues de défroques
Qui troquent des
orgasmes contre quelques craven
Sans larmes, sans
angoisse, sans dégoût et sans haine.
EXTRA BONUS
Van Song Phat le
coolie est devenu coulis
De chair
déchiquetée, bouillie de sang, de boue.
Fouillis éparpillé
sur un lit de bambous
Brisés, enchevêtrés,
mikado dérisoire
Misérables débris,
écoeurante infusoire.
LAST SCENE
Swang Sue Li
hébétée, virevolte et s'affaisse,
Le sang suit les
méandres des plis de son sarrong.
Que feulent les
cymbales, que résonnent les gongs..
Le napalm la
consume, les shrapnells la dépècent.
Massacres en vidéo,
morts à l'emporte-pièces.
GAME OVER
La bataille s'achève
sur un score très quelconque.
Les victimes
alignées sur les berges du fleuve,
Ont subi du
joystick, la redoutable épreuve.
Que la guerre est
jolie aux consoles de Hong Kong
Et les cadavres
exquis . . . aux rives du Mékong.
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OMAHA BEACH

Comme
un gisant de chair émergant de la dune,
Pantelant,
frémissant, frêle statue de brume,
Ton
corps abandonné vacille, virevolte, s'écroule
Et
s’enchasse lentement au rythme de la houle.
Une
douce lumière diaphane dégouline
Et
se perd en méandre dans le lit des ravines
que
creusent dans le sable, tes membres écartelés.
Dans
son sang violine, le soleil s’est figé.
Un
phasme tourbillonne dans un bruissement d’ailes
Et
zèbre le ciel rose de touches d’aquarelle.
Les
mouettes se rassemblent en plaintives cohortes
Pour
sillonner la mer étale comme une eau forte.
Tes
doigts tentaculaires sont autant de lichens
Qui
lacèrent mes reins, me violentent et m’enchaînent.
Mon
corps tétanisé, dans un spasme dérive,
De
tes bras cellulaires vers une mort fictive.
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SOUVENIRS D'ARCACHON

Le chenal balisé d’étranges et longues perches
S’éloigne en serpentant et part à la recherche
D’Arcachon qui se vautre dans un zeste de brume :
Métropole de béton au royaume des lagunes.
La viande de l’homme blanc décongèle à feu doux
Et trône en ventres flasques congestionnés et mous.
La faune des banlieues brunit dans la pagaille,
Sans se préoccuper des tendres épousailles
De deux mouettes qui s’ébattent sur un lit de varech
Sous les yeux d’un teuton débarqué d’Anderlecht.
La lolita berbère vêtue de peaux de jean.
Te sourit provocante en sirotant son gin.
Les boutres de pacotille, toutes voiles affalées,
Reposent sur le flanc, à demi ensablés.
Au bar de la marine, des skippers de fortune,
S’inventent des tempêtes à décrocher la hune.
Les sampans de plastique posent la quille en l’air,
Pour les polaroïds de pseudo reporters
Qui serviront les vues au cercle de famille,
En fondus enchaînés les soirs de nostalgie.
Comme des sédiments les touristes se déposent
En couches stratifiées, brunes blanches ou roses
La vague vient mourir aux rives de la baïne
Pour renaître aussitôt en friselis de bruine.
Tu marches dans le sable brûlant des mirages,
Ta vie n’a qu’une issue, ton livre n’a qu’une page,
Ton bourbon est amer au soleil qui ruisselle
Et zébre le ciel gris de rais intemporels.
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PRINCESSE B
Princesse pour un instant sur un lit de tendresse,
Princesse insaisissable de mes nuits de détresse,
Dans mes châteaux de sable tu deviens châtelaine,
Tu es belle et fragile, Princesse de porcelaine.
Dans mes châteaux d'Espagne, chaque nuit je t'épouse,
Et je t'aime en secret, ma Princesse andalouse.
Je voudrais aborder aux rives de tes yeux,
Me perdre dans ton regard, Princesse de Talencieux.
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SANTA -
BARBARA
Les soirs de lassitude, tu rejoignais prostrée,
A Santa
Barbara, le cercle des névrosés
Et des pandores falots de la boite à images.
Tu paraissais absente, prisonnière d'un mirage.
Madone de sleepings en partance pour nulle part,
Sans ticket, sans viatique, en rade dans une gare.
En panne de souvenirs, en rupture de tendresse,
Je devinais parfois dans tes mains les caresses.
Pour l'enfant de ta chair que tu n'aurais jamais.
Tu traversais des rêves fragiles à bon marché,
Solitaire, pathétique irréelle et soumise,
Te raccrochant à eux comme à quelque balise.
Tu as franchi la porte avec pour tout bagage,
Un walkman, Télé-Poche et un livre d'images
d'Epinal ou d'ailleurs, un livre de ton enfance.
Et puis tu es partie pour une folle errance.
Je suis resté des heures face au piano à queue,
Pour jouer des cantates, des adagios douteux,
Projetant ma douleur dans des oeuvres baroques:
Cris de haine et d'amour d'un soliste ventriloque.
Dialoguant sans relâche avec ton souvenir,
Mendiant ta tendresse et tes éclats de rire.
Puis mes fugues dissonantes, mortes sous la sourdine,
Sur le toit des immeubles, j'ai joué au muezzin
Soprano de banlieue, j'ai psalmodié ton nom,
Imploré tous les dieux, bramé sur tous les tons,
Soliloque pitoyable, brisé par mille échos
Qui me cassaient la voix et étouffaient les mots.
De Rio à Rangoon, de Dallas à Cahors,
de l'île d'Yeu à Ceylan, du Zambèze à Louqsor,
Des claques de Bangkok aux bouges de Manille,
De Zuydcoote à Menton, de Dunkerque à Séville,
Des rives du Danube aux berges du Mékong,
J'ai sondé des eaux glauques, frappé à tous les
gongs.
De traboules humides en cloaques visqueux,
Des faubourgs de Namur aux portes de Périgueux,
De repas pléthoriques en pique-niques aqueux,
J'ai couru affamé,squelettique maître-queux
En queue de pie froissée, souffreteux, famélique,
Brandissant ta photo comme une sainte relique.
De voeux pieux en prières, d'ex-voto en offrandes,
Des temples de Vientiane à l'église de Marmande,
Des salins de Giraud au bassin d'Arcachon,
J'ai couru comme un fou tout en hurlant ton nom..
J'ai écrit cent suppliques sur des papiers fragiles,
Avec des mots d'amour forts et indélébiles,
Des pleins, des déliés, de belles métaphores,
balancées à la mer: dérisoires amphores
Qui dérivent encore au gré des alizés
Du Golfe du Bengale jusqu'à la mer Egée
Des égouts de Sarcelles jusqu'à des déversoirs
où elles s'engloutissent: ultime reposoir.
Je sais que tu t'ennuies, peut-être que je te manque
Tu n'es pas à ta place auprès des saltimbanques
qui font leur numéro dans un bac de sciure
et repartent satisfaits vers d'autres aventures.
Ils marchent dans ta tête, ils cognent à tes tempes,
Tu les hais, tu les aimes, tu les snobes, tu les
vampes,
Ces bouffons insensibles qui monnayent des orgasmes
Et te quittent au matin après un dernier spasme.
J'ai parcouru la jungle, arpenté les déserts
Je porte les stigmates de ces raids solitaires:
Tatouages de la chair et blessures de l'âme
Qui se rouvrent parfois quand je rejoins la dame
de Santa Barbara, au cercle des névrosés
Et des pandores falots au visage délavé
Qui s'agitent en tous sens dans la boite à images.
Je te retrouve alors, pour le temps d'un mirage....
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SCHIZOPHRENIA
La
chatte SCHIZOPHRENIA qui ronronnait sur mes
genoux,
Est
morte, écrabouillée par un camionneur fou
Et Je
bats la campagne, son cadavre sur les bras,
Au
rythme des Tams-Tams, des bongos et des congas.
Je
me shoote à l’Eros, je fume de mauvais joints,
Je
suis l’éléphant rose à la trompe d’airain.
Je
barris dans la cour des asiles d’aliénés,
J’ameute
à perdre haleine, les mutants hallucinés.
Je
redeviens foetus à l’article de la mort,
Embryon
de primate, vague forme d’amphore,
Enfoui
dans le ventre d’une fille pubère,
J’abandonne
les hommes et je rentre au bestiaire.
Je
suis le fou de Bassan, mes ailes sont de cristal,
Je traque
les oies blanches aux croupions d’arcopal,
Je
les bourre de tendresse, je les gave d’amour,
Jusqu’à
ce que repues, elles regagnent leur basse-cour.
Je
suis le cheval de bois au sexe de carton pâte,
Rossinante
de manège, Pégase psychopate.
Des
gamines nymphomanes me chevauchent et mes reins
Frémissent
sous la caresse experte de leurs mains.
Je
suis le chantre fou des poulaillers de banlieue,
Le
paon vaniteux au plumage brodé d’yeux,
Le
hochequeue lubrique, la diva des passereaux,
Le
chien qu’on assassine sur une table de labo.
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PETITE PAUSE POETIQUE AVANT DE REVENIR AUX AFFAIRES !
WATTMAN BLUES
IN
SAINT - ETIENNE

Un
fleuve impétueux de têtes qui dodelinent
Remonte
la GRAND RUE et les rails se déclinent
de SOLAURE à CARNOT, rectilignes, luisants.
Le WATTMAN fait ses courses sur un circuit d’argent.
La
ville s’abandonne en images fugaces
Au Prince
des boggies, superman du ballast.
Il
dévale en chantant au rythme des BOOGIES
Que
distille la radio, calée sur NOSTALGIE,
Les HIGHWAYS de ferraille. Son tramway déambule
De
station en station, la cloche tintinnabule
Boutant
hors des traverses, le chaland égaré
Qui
lève les bras au ciel d’un air désespéré.
Il
emmène en croisière les abonnés du stress,
Ils
embarquent à BELLEVUE, descendent à JAURES,
Se
pressent à DORIAN,
l’interpellent à CARNOT,
Font
escale à BERGSON, débarquent à MARENGO.
Le BUZZER nasillard qui condamne les portes,
Libère
la cohorte des LOLITAS accortes
Qui
s’égayent en riant et présentent leur PASS
Au
contrôleur qui joue au limier perspicace.
Le WATTMAN a le blues, le soir dans son cockpit,
Le
ciel qui vire au pourpre déjà le précipite
Un
peu plus vers la nuit et ses ombres furtives.
C’est
le temps de l’angoisse, de toutes les dérives.
La
caténaire accroche des étincelles bleutées
Aux
câbles qui innervent le ciel de son RAILWAY.
Ces
étoiles fugitives balisent sa voie lactée
Le Wattman
est en cage au nom de FARADAY.
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Une petite pause poétique s'impose, avant de retrouver la BNPPARIBAS et le monde impitoyable de la finance, un p'tit commentaire même désagréable sur mon "oeuvre" serait le BIENVENU.
Merci d'avance.
PETITE CHANSON DE MARIN
C'est une chanson à boire écrite en quelques verres,
Sur le zinc délavé d'un bar du Finistère.
Ses héros sont fictifs et toute ressemblance,
Avec des autochtones serait coïncidence.
Quand Maurin le marin rencontra Maria,
Elle était dame-pipi dans un bouge d'Etretat.
Il avait la prostate, elle avait de gros seins
Et un arrière grand-père, recteur à l'île de Sein.
Touché par la détresse qu'il lisait dans ses yeux,
Il l'envoya en cure quinze jours sur l'île d'Yeu
Puis il se retira du côté de Bréhat
Pour régulariser le cours de son méat.
Quand ils furent guéris de leurs maux respectifs,
Ils embarquèrent tous deux sur un rafiot poussif.
Pour traquer sans relâche les limandes et les soles,
Vendues à la criée au marché de Paimpol.
Ils se marièrent en Août en l'église d'Etretat.
Elle avait revêtu sa robe de taffetas.
Il lui glissa au doigt la bague de l'île de Ré
Gagnée par souscription à un hebdo télé.
Les jours et les semaines s'écoulèrent ainsi :
Le merlan au chalut, la Maria au châlit,
Mitonnant sans relâche pour son beau capitaine,
Des plats à dessaler la plus niaise des muraines.
Elle mariait consciencieuse, la morue aux morilles,
Le mérou au mouron,la crevette aux lentilles,
La sardine au pistou, le pinot au merlu,
Le maquereau au vin blanc et la bière au hotu.
Un jour qu'elle se tenait radieuse à la poupe,
Elle tomba à la mer, fut happée par un poulpe,
Disparut dans l'eau glauque, au tréfonds des abysses
Et fut dévorée crue par un banc d'écrevisses.
Le Maurin fut marri de la mort de sa mie.
Il trouva un boulot dans une conserverie,
Trucidant des homards à longueur de journée,
Dépiautant des rougets, des sars, des encornets.
Alors qu'il éventrait un énorme tourteau,
La bête régurgita en hoquetant l'anneau
Qu'arborait sa promise le jour des épousailles
Et qu'il traînait depuis dans ses grasses entrailles.
Maurin fut bouleversé par la sainte relique
Que lui restituait un hasard diabolique.
Il jura de toujours vénérer ce bijou
Qu'il porte désormais accroché à son cou.
Traumatisé depuis par un tel cataclysme,
Il souffre le pauvre hère de crises de priapisme
Et se terre dans un squat du côté de Lorient.
Pour oublier Maria, il fume des harengs . .

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SWEET DREAM
J’ai rêvé tant de nuits,
prisonnier de tes bras
Et vécu ces moments auxquels je
n’ai pas droit :
Ton regard qui navigue aux rives
du sommeil
Et chavire lentement dans un
tendre réveil,
Un battement de cils puis ta voix qui murmure,
Et tes lèvres entr’ouvertes : délicate blessure
Sur laquelle je dépose un baiser en tremblant
J’ai rêvé tant de nuits pour vivre ces instants.
Princesse en pyjama de soie ou de
satin
Je voudrais près de toi, vivre
tous les matins
Qui me restent à vivre, te regarder dormir,
M’enivrer de ton souffle, t’aimer à en MOURIR
Dans une douce mort toujours recommencée . .
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GENETICA
Il rêve de noroîts
mugissants, belliqueux,
Giflant son corps enfoui
dans des limons précieux,
Comme en catalepsie : gisant
de chair fragile,
Renaissant au jusant de sa
gangue fossile.
Il rêve de retrouver :
souvenir englouti
En la baïne profonde du
ventre rebondi
D’une femme : les gestes
délicats et tendres
D’une mère qui fondrait à
l’idée de l’attendre.
Il rêve, lui le duplicata :
rejeton dynastique
Copie de cytoplasme, nabot
chromosomique,
D’être le crabe-tambour
battu par le ressac,
Le macareux rieur au bec
serti de nacre.
Il rêve d’être un goéland
pour déchirer le ciel
Des écrans cathodiques où
croissent en filoselles :
Embryons en goguette et
chromosomes saouls,
sous le regard vitreux d’un
Diogène fou.
S’enfuir de sa cellule,
déchirer le noyau,
Arracher les flagelles qui
lacèrent sa peau.
N'exister rien qu’une fois
et s’affranchir du moule.
Troquer l’eau du bocal pour
un bruissement de houle.
Bacchanale au labo : on joue
de la pipette.
Les gènes boivent et
trinquent au verre des éprouvettes :
Protozoaires camés à
l’hydrocortisone,
Gamètes évanescentes en
quête de laudanum.
Enfant de la Fratrie
Génétique-Protoplasme,
Il est né en paillasse, sans
un cri, sans un spasme.
Petit doublon fragile,
foetus polycopié :
Le fils du clone s’ennuie
dans son tube à essais.
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LETTRE OUVERTE
A MON CHIEN.
Les
nuits d’angoisse et de solitude, je te rejoins sur les plages désertes du côté
de la Camargue, infiniment longues et belles, bruissantes du ressac et
ruisselantes de lumière.
Flagellés
par les embruns, nous poursuivons en vain, le soleil, comme des farfadets et
nous errons ballottés par le vent tourbillonnant qui se plaint aux cannisses.
Nous
courons ensemble, côte à côte, nous cavalons hors du temps et de l’espace,
à perdre haleine, jusqu’à l’épuisement :
folle cavalcade brisée de longues pauses silencieuses à contempler la sarabande
des mouettes rieuses blackboulées par le mistral et chacun reprend son souffle.
24 FEVRIER - 5 HEURES 30
J’ai
essayé plusieurs fois, de reculer l’échéance mais il a fallu que je me résigne
et que je prenne la terrible décision.
Petit
Epagneul, tu te tiens à mes côtés, immobile, impassible.
Ta
truffe rosée palpite à l’affût de toutes les senteurs que le mistral déchaîné disperse.
Il
chahute ta toison blanche matinée de roux.
Tu
sembles distant et pourtant, petit épagneul, moi je sais que tu m’épies, tous
les sens en éveil, vigilant, attentif au moindre de mes gestes.
Tu
as l’art incomparable de mendier du regard, un encouragement, une caresse et
moi, je craque et j’obtempère, d’une main tremblante qui navigue sur ta robe
soyeuse.
Petit
Epagneul, tu t’impatientes et tu me le fais savoir en donnant de la voix.
De
guerre lasse, je me lève, je m’ébroue et nous reprenons notre périple sauvage à
la lisière des vagues.
24 FEVRIER - 6 Heures.
Petit
matin glacial et venteux strié de neige.
L’ultime
promenade commence, irréelle, cruelle, insupportable.
J’ai
peur de craquer, je suis terriblement mal dans ma peau, je suis comme au bord
d’un gouffre, je voudrais que tout soit fini et pouvoir t’oublier, faire comme
si tu n’avais jamais existé pendant ces quinze années qui ont passé si vite, te
chasser de ma mémoire, relativiser, comme ne manqueront pas de me conseiller
quelques âmes bien pensantes en me faisant remarquer que ce n’est qu’un chien …
Je
voudrais pouvoir balayer d’un revers de la main ces années de tendre
complicité, en finir le plus vite possible et puis paradoxalement, j’ai envie
que cette dernière promenade dure une éternité.
Parfois,
tu fais mine de t’éloigner, sans te retourner, comme si tu voulais rompre tes
liens et aller vivre ta vie de chien au delà de l’horizon mais ce ne sont que
des simulacres, pour mieux te jouer de moi, me narguer, me taquiner et me
rejoindre en fin de compte en un déboulé ponctué de jappements, dans un geyser
de sable.
24 FEVRIER - 6 HEURES 15
tu
trottines à mes côtés, tu ne présentes aucun symptôme apparent de maladie, tu
ne sembles pas souffrir. De temps en temps, tu me jettes un regard qui semble
dire : « Ne te fais pas de souci, je m’accroche ».
J’ai
décidé de mettre fin à tes souffrances.
Je
n’arrive pas à croire que toi, mon petit compagnon soit condamné par un
diagnostic implacable et que tu vives tes derniers instants.
Je
marche comme un Zombie, vidé, désespéré . J’essaie tant bien que mal de cacher
mon angoisse, j’ai peur que tu ne devines quelque chose. Il paraît que les
animaux ont le pressentiment de l’imminence de leur mort.
Nous
escaladons, en compagnons de cordée, les hautes dunes de l’ESPIGUETTE et je
m’écroule épuisé dans le sable qui s’éboule sous mes pieds et t’ensevelit à
moitié dans un linceul mouvant.
Petit
Epagneul, tu te secoues longuement et tu
m’asperges copieusement de sable.
Tétanisé
par mes reproches et mes cris d’orfraie, tu viens te blottir tout contre moi,
en quête d’absolution, tu reposes en « chien de fusil » et je sens tes flancs battre au rythme de ta
respiration saccadée, nous sommes alors en parfaite harmonie, en osmose, je
deviens animal docile, soumis et tu es mon maître, je suis ton Alter ego.
Tu
promènes ta truffe fraîche sur ma joue et à petits coups de langue câlins, tu
joues la grande scène de la réconciliation.
Ton
souffle tiède me fait frissonner et j’enfouis mon visage dans ta fourrure, je
m’enivre de ton odeur de chien fou comme je le ferais d’un parfum de femme, je
prends ta tête entre mes mains et je me noie dans ton regard.
24 FEVRIER - 6 Heures 30.
Dans
l’ascenseur, je t’étreins une dernière fois, j’essaie de te parler, j’ânonne
les mots les onomatopées qui te sont familiers et ce soliloque ridicule me
déchire.
Je
voudrais te donner des monceaux de tendresse, des tonnes d’amour avant de te
quitter à jamais, me faire pardonner mes sautes d’humeur, mes accès de colère,
mes crises d’indifférence, faire semblant de te taquiner encore et toujours
mais je suis trop désespéré et j’ai un mal fou à retenir mes larmes.
24 FEVRIER - 7 HEURES 30
Tu
reposes dans ta corbeille d’osier, je te jette un dernier regard et je fuis.
Je
me sens très lâche en refermant la porte de l’appartement mais je n’ai ni le
courage ni la force de te conduire à la mort.
Quand
le tramway s’ébranle, je sais que je ne
te reverrai plus jamais.
24 FEVRIER - 12 HEURES 30
On
nous a rendu le collier et la laisse.
Ta
corbeille n’est plus là et son emplacement vide me fait l’effet d’un précipice.
Il
paraît que tu as gémi un peu lorsque l’aiguille a pénétré dans ta veine mais
qu’en définitive tu n’as pas souffert.
24 FEVRIER - 18 HEURES.
De
la fenêtre, j’aperçois dans la neige, en contrebas, éclairées par un lampadaire blafard qui accentue encore la cruauté de la
scène, les traces de ta dernière errance : empreintes de pattes fossilisées par
le gel, elles sont là depuis ce matin, comme un remords qui m’obsède et me
taraude. Je ne parviens pas à les quitter des yeux et je ne puis m’empêcher de
refaire mentalement ton itinéraire : zigzags jalonnés ça et là de quelques
taches du sang de cette mortelle
blessure.
Le
soleil est au zénith, il fait saliver les micocouliers et les tamaris. Le
mistral s’acharne sur les dunes de l’ESPIGUETTE, je te rejoins une fois encore
sur les plages désertes de Camargue, infiniment longues et belles, bruissantes
du ressac et ruisselantes de lumière.
28 FEVRIER - 18 HEURES.
La
neige a fondu complètement, , me délivrant enfin de la vision insoutenable de
ces traces de toi, petit Epagneul.
Pardonne-moi
si je bêtifie mais il faut absolument que je te le dise :
Tu me manque terriblement.
|
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Vanessa est
fragile comme ce château de sable,
Où son corps
alangui repose, inexpugnable
Gisant de
chair lové, assoupi, enchâssé
En la douce
baïne du rêve que je fais.
Je rejoins très
souvent dans ce songe érotique,
Cette poupée
mutine, cette femme synthétique
Que j’adore en
secret loin des flous du présent
Que le matin
ramène à mon corps défendant.
Une douce
lumière diaphane dégouline
Et se perd en
méandres dans le lit des ravines
Que creuse dans
le sable, son corps écartelé.
Vanessa me
regarde, je me prends à l’aimer.
Le soleil se
vide de son sang violine
Qui ruisselle et
se perd aux rives des salines.
Les mouettes
surfent le vent dans une folle errance
En tutoyant les
vagues sur la mer en mouvance
Ses doigts tentaculaires
sont autant de lichens
Qui lacèrent mes
reins, me violentent et m’enchaînent.
Mon corps
tétanisé, dans un spasme dérive,
Des bras de Vanessa vers une
mort fictive
|
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Elle
raffole, la folle, des farandoles, des olas,
Le
feu impétueux de DE FALLA, elle l’a
Dans
le corps, le jais luit et lui allume
la
chevelure, son regard amadoue et consume.
Elle
joue jeux interdits sur des vihuelas sans âme,
Aux
portes des bodegas que fréquentent les femmes
Qui
balancent et qui tanguent entre leurs vies soumises
Et
des rêves adultères qui les hantent et les grisent.
Elle
vit des jours fragiles ponctués des remords
Qu’elle
n’aura jamais et lorsqu’elle s’endort.
Elle
franchit le miroir puis elle se débarrasse
Des
pudeurs délicates qui lui servent de cuirasse.
Gamine
d’ARANJUEZ déflorée
à WOODSTOCK
Elle
hurle des canticos matinées de Hard Rock,
Sous
le regard bovin de quelques rastaquouères,
Qui
sirotent en rottant de vieux portos amères.
Elle
fume des DUCADOS au goût léger de menthe
Et
la fumée l’entraîne en volutes planantes,
Dans
la brume impalpable des plages de MATARO
Et
le sable s’attarde aux pores de sa peau.
Elle
est belle, sensuelle et mon imaginaire enfante
des
ferias décadentes où je la fais infante
De
Saragosse, reine de CADAQUES, princesse catalane,
En
des châteaux de sable saoulés de tramontane.
Elle
vit des nuits câlines aux confins des mirages,
Elle
fait l’amour au vent, au soleil, aux nuages,
Elle
marche dans mes rêves en escarpins de verre
Ravive
mes souvenirs et détruit mes chimères.
Quand
elle franchit les portes des cathédrales sombres
où
se trémousse en nage une escouade d’ombres :
Gamines
névrosées, peignées comme des sconses,
qui
draguent des andalous venus tout droit du BRONX.
Son
regard se colore de reflets d’améthyste,
Son
ventre est agité de pulsions anarchistes,
Elle
se met à swinguer dans
une muletta,
Ivre
de véroniques, de suertes, de faenas.
Carmencita
gracile, fille d'EL CORDOBES,
Elle
monte en amazone, des chevaux de kermesse,
Qui
martèlent mes nuits du bruit de leurs sabots,
Dans
un manège flou que hantent des taureaux.
Matamore
languissant, armé de castagnettes,
Novillero
timide, Picador d’opérette,
Je
combats en son nom ces taureaux grabataires
Sur
des plazzas minables flanquées de talanquères.
Elle
feuillète l’avenir comme un livre d’images,
Dont
elle déchire les pages de dépit et de rage
Et
quand elle se retire dans ses souvenirs d’enfant
Son
silence est si fort qu’il est assourdissant.
Elle
boit de l’eau de vie à petites gorgées,
Dans
des verres de carton au BARCELONE Café
Fragile,
timide et douce, quelque part vulnérable,
Elle
est belle, émouvante, désirable, implacable.
Quand
elle murmure : Porque te vas ?
|
|
Mlle CHENG est morte : elle s’est défenestrée.
De Java à Sarcelles en clandestinité :
Une vie de vingt ans. Je la connaissais bien :
C’est vrai, je vous le jure, J’ai beaucoup de chagrin
Ici les Boat-People naviguent à l’estime.
Pour une escale en ville, ils versent une dîme
A de faux mandarins qui vivent en duplex
Et font des Stock-Options sur le marché du sexe.
Pour un peu de tendresse dans la fumée d’opium
Je quittais quelquefois mon existence d’homme.
Pour la rejoindre aux rives des ruts balbutiants
Qui coulent en méandres dans mes rêves d’enfant.
J’échangeais quelques piastres contre un petit orgasme,
Un parcours de frissons, de caresses, de fantasmes.
Puis je prenais congé, regagnais mes pénates
Pour retrouver mes chiens, ma femme et mon mainate.
Jamais je n’oublierai son beau visage blême
De femme enfant fragile et nos plaisirs extrêmes.
Nous embarquions souvent pour des cités lacustres
Sur des sampans minables ou des jonques vétustes
Nous marchions enlacés sur des sentiers battus
Par les pluies de mousson : pitoyables fétus,
Ballottés, secoués, transis dans nos sarongs
Errant de case en case, frappant à tous les gongs.
Nous dormions, allongés dans ces frêles cahutes
Que la brume ceinture d’impalpables volutes.
Quand la nuit se complaît à chahuter le jour
Et patine la jungle d’une main de velours
Nous jouissions sans fin des cieux larmoyants,
Déchirés, tourmentés : Cumulus flamboyants
Déferlant en cohortes sur les champs de pavots
Que le vent défoliait : gigantesque écheveau,
De corolles en folie dans le creux des ravines :
Et nous trouvions enfin sur ces terres sauvagines
Quelques arpents de rêve pour un petit bonheur
Fragile, vulnérable, bienfaisant, rédempteur.
Les coolies de Belleville sont au crématorium
Pas d’opiacées en fleurs mais quelques géraniums
Chinatown se tait et pleure la Javanaise
Une pluie de mousson noie le quatre vingt treize
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Tours de BABEL abruptes, dérisoires falaises,
FAVELLAS de béton, accrochées aux cimaises
D’un ciel effervescent
dégoulinant de pluie :
Le ghetto se rebiffe et
ferme ses ouïes,
Quand passent les condés en
quête de pavots.
Les Teen-agers d’ici ont l’amour du prévôt
Et lui crient en verlan des
messages de haine :
Antiennes syncopées,
violentes et obscènes.
Phrases incandescentes
gravées au coutelas
Sur des huis délabrés, sans
serrures, sans judas,
Qui claquent dans la nuit et
battent le tempo
Sous les coups redoublés de
leurs gros godillots.
Affublés de capuches, comme
des moines trappistes
Ils s’inventent en riant de
mauvais jeux de piste.
On dirait des manchots en
rupture de glace
Qui chercheraient ADELIE du côté de la TERRASSE
Tribus émoustillées
rassemblées en Pow Wow :
Iroquois de BEL-AIR, Cheyennes de MARENGO
Rastaquouères de SOLAURE, Sauvageons, Blacks et Beurs
Comanches en Battle-Dress, Mescaleros hâbleurs
Gisants plantés debout, dans
la moiteur des porches,
Ils brûlent du regard les JAGUAR et les PORSCHE
Qui passent en feulant et
promènent les stars
Qui se roulent dans l’herbe
de GEOFFROY GUICHARD
Sur les pages du LAROUSSE, ils font de la varappe
Et triturent les mots pour
décliner des RAPS
Exacerbés et beaux comme des
chants ZOULOUS
Qu’ils martèlent à l’envi en
hurlant comme des loups.
Pas de viole de gambe à leur
table de mixage
Les bécarres sont acides et
les bémols enragent
Sur des portées noircies,
les nuits sans souvenirs
Puis déferlent en arpèges
dans la boite à délires.
Le RAP met des sanglots dans la voix des banlieues
Et transforme les mômes
fragiles en dieux
Quand le ciel vert de gris
dégoulinant de pluie
Phagocyte MONTREYNAUD (1) et doucement l’engloutit.
(1) Quartier dit sensible de
St ETIENNE
|
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La jungle se décline de Clichy
à Barbès.
Trois pigeons faméliques
jouent les cacatoès
Sur un lampadaire borgne, rue
de la Boétie.
Les divas de la brousse sont
en catalepsie
Dans des musées baroques :
troupeau hétéroclite
De gazelles empaillées, de
gibbons troglodytes,
De crotales en bocaux, de
panthères, de lynx,
De girafes, de buffles, de
hyènes et autres sphinx
Du bush et de la steppe. Les
pélicans goitreux,
Les choucas, les mainates, les
casoars miteux,
se balancent mollement,
accrochés aux cimaises
de volières poussiéreuses
infestées de punaises.
Charivari choquant de la rue
qui se rit
Des gisants qu’on blackboule.
On rafle les scories
assoupies ça et là, faubourg
saint Honoré.
La milice ratisse, décortique
les papiers
De la black en boubou qui
geint et psalmodie
Des prières coraniques et des
incantations
Pour un croissant rassis ou
pour quelque ration
De poulet douce France garni
de riz ranci.
Supplique pour avaler
discrètement quelques restes
Que nos chiens alanguis
trouveraient indigestes :
Bas reliefs des en-cas servis
dans les drugstores
Aux dandies névrosés qui
vivent dans la pléthore.
Le roi lion croupit dans des
fosses abyssales,
Il rêve de savane et les
vieilles fringales
Du temps des antilopes, des
zébus et des gnous,
Resurgissent vivaces, quand on
lui sert du mou.
Les crocodiles lézardent au
revers des liquettes
De busards faméliques qui
s’adonnent au racket.
Les gorilles sont au Ritz et
les grues sont au bois :
De Neuilly à Sarcelles, c’est
la brousse qui flamboie.
L’oncle Tom est en case du
côté de Belleville,
On le trouve à l’enseigne du
« Marabout Tranquille ».
Il rappe ses comptines au son
du djeridou,
A l’ombre des pipe-lines du
centre Pompidou.
Mélanie fait la manche,
accroupie sous un porche,
Quand passent en feulant, les
Jaguar et les Porsche
Elle implore et supplie, sa
litanie tribale
réveille chez le blanc des
pulsions animales.
Frêle statue d’ébène,
insensible aux lazzis,
Tous les jours que Dieu fait,
elle est là et mendie.
Elle quête des sesterces aux
marches de St Ambroise
Et tend sa calebasse aux
Gaulois qui la toisent :
Et voudraient à tout prix en
riant lui faire croire
Que le Zambèze coule entre
Mende et Issoire.
De pirogue en galères, elle
rame jour après jour :
Son Titanic dérive de Nanterre
à Beaubourg.
Sur son radeau fragile, elle
navigue à l’estime.
Elle godille en pleurant de misère en déprime
Elle vogue vers les Marquises
ou les îles Maldives
Moi j’attends sur le quai
que le métro arrive.
|
|
Gamine
écervelée, naïve et authentique,
Enfant
adultérine de ces femmes synthétiques
Qui
font l’amour entr’elles sur de profonds sofas,
De
toute ta candeur, tu cries et tu te bats.
Cendrillon
de banlieue, colombine des drugstores,
Ballerine
fragile aux chaussons brodés d’or,
Tu
marches dans la ville, la tête dans des ports francs
Où
mouillent des gondoles gréées de voiles d’argent.
Egérie
de la faune qui peuple les pagodes
Où
la sono vomit les chansons à la mode,
Tu
rêves à des amours enfantines et ludiques
Tandis
que te harcèlent de vieux messieurs lubriques.
Tes
lèvres entr’ouvertes : douce blessure carmine,
Eclairent
tendrement ton visage d’opaline.
Je
bois aux commissures une larme furtive
Qui
perle de tes yeux tournés vers d’autres rives.
Femelle
évanescente, fragile et vulnérable,
Tu cotoies en riant des
abîmes insondables.
Coryphée
pathétique de mes ballets ringards,
Tu
danses, magnifique dans ta robe de moire.
Cheveux
blonds, encadrant un visage de mime,
Le
regard traversé de lumières sublimes,
Chromo
pour magazine, princesse des embruns,
Tu
reposes immobile, au fond de ton écrin.
Ton
corps d’adolescente, en sommeil léthargique,
Aspire
à des plaisirs violents et sataniques.
Je
joue les exorcistes, sur des chants grégoriens,
Je
hurle sous ton balcon....Mais toi tu n’entends rien !
|
|
Je ne
supporte plus ces poètes à l’ancienne :
Faiseurs
de vers opaques, compositeurs d’antiennes
A la
gloire de VENUS callipyges et obèses,
Tout
droit sorties des strates du PELOPONESE.
Ils
ont l’ode à la bouche, pour ces grasses vestales
Et
chantent en versifiant leur surcharge pondérale.
Ils
n’ont d’yeux et de ventre que pour leurs grasses fesses :
Qu’importe
le jarret pourvu qu’il soit de GRECE.
Ils
dédient des tirades aussi creuses qu’insipides
Aux
filles de THESEE,
d’ARISTOTE ou d’EUCLIDE,
Qui
reposent avachies, alanguies, lymphatiques :
Leur
chair est triste et molle sur les sofas antiques.
Ils font
de la VENUS, l’archétype de la meuf,
La
poule de MILO était ronde comme un œuf !
Pourtant
cette statue qui trône sur son socle
Fait
bander ces penseurs, disciples de SOPHOCLE.
Messieurs
les amateurs de poitrines turgescentes,
De
hanches extra-larges, de fesses protubérantes,
Souffrez
que je vénère la môme anorexique
Au visage émacié, à la croupe atonique.
Je
préfère la nymphette des défilés de mode
A l’HELLENE replète qui
s’habille chez HERODE,
La fille
dégingandée fluette et longiligne,
La
coryphée fragile qui danse le lac des cygnes.
Qu’elle ait les seins menus, des mamelons mollets
Qu’elle
soit évanescente, frêle comme un feu follet,
Peu me
chaut CLYTEMNESTRE ! Peu me chaut DIOGENE !
Je
préfère la BIRKIN à PERSEPHONE d’ATHENES.
Pour un détour furtif par son mont de VENUS,
Pour une tendre escale sur ce doux tumulus
J’échangerais volontiers PANDORE et DIONYSOS.
Pour l’avoir sous la main, un soir en chair, en os.
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(A Jean-Michel JARRE)
Les
boomers globuleux comme des yeux aveugles
Palpitent,
vibrent, râlent et beuglent :
Olifants
en pavane, bourrés d’oscillateurs :
Andante
pathétique, parade de la douleur.
Les
boites à rythmes battent des tempos lancinants
Qui
meurent en syncopes aux baffles rugissants.
Il
fait naître d’un geste, des mouettes synthétiques
Qui
tournoient en piaillant des cris analogiques.
Fils
de STOCKHAUSEN, ses grands orgues
barbares
Ont
dans leur ventre fou, des cantates bizarres
Où
les dièses de synthèse, les bécarres électriques
Se
brûlent aux lumières des écrans cathodiques.
Narcose
des échos, feulement des cymbales
Qui
vrombissent, prisonnières d’enceintes bicéphales
Posées
sur un jubé de poutrelles d’acier,
Ses
doigts arachnéens martèlent le clavier.
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En
mal d’inspiration rongé par la déprime,
Incapable
d’écrire le moindre bout de rime,
Je saisis
d’un seul jet, au prix d’un dur labeur,
Dix mille
mots du Larousse dans mon ordinateur.
En vrac au
fil des pages de l’encyclopédie,
Je traquai
les mots rares qui comblent l’érudit,
Les mots
savants et justes, les mots qu’on
catapulte,
Les mots doux
qu’on susurre, les gros mots qu’on éructe,
Les mots
qu’on ne mâche pas, mots de passe ou mots clé,
Les mots
bleus, les grands mots, les mots acidulés,
Les mots
couverts qu’on pèse ou qu’on dit à demi,
En un mot
comme en cent, dix mille mots choisis.
Connaissant
les arcanes du microprocesseur
Je
l’imaginais mal en versificateur
Et lançai le
programme non sans quelque anxiété
En caressant
l’espoir que le monstre accoucherait
De sonnets
délirants ou de quatrains baroques :
Salmigondis
de mots, galimatias loufoque.
J’escomptais
pour le moins des rimes insolites,
Des vers de
mirliton chantant la bakélite .
Je déchantai
bien vite, point de poème épique,
J’eus droit
au doux crincrin d’une boite à musique
Qui débitait
en boucle, trois notes lancinantes
Tandis que
sur l’écran, en lettres ondoyantes
Rythmés et
cadencés par ce son de crécelle,
Apparurent
deux vers qui depuis m’interpellent :
Les sanglots longs des violons de
l’automne
Blessent mon coeur d’une langueur
monotone.
Etonnant non ?
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